Origine du sanctuaire. James Buret, curé de Vion, place en 1494 une statuette de la Vierge à l'Enfant dans le chêne où les gens avaient remarqué les vols incessants de colombes, le jour, et des lumières à la cime du chêne, la nuit. Ainsi naît ce lieu de prières et de dévotion à la Vierge Marie, sous le vocable de Notre-Dame du Chêne. Elle nous invite tout d'abord à nous libérer de toutes nos fausses religiosités pour emprunter le chemin de sanctification, grâce à la foi, au sein de l'Eglise, Corps du Christ.

Lumière. Suite à une douloureuse maladie, Maurice Chauveau de Juigné-sur-Sarthe était resté sans force.
Il se fit conduire à l'autel de la Mère de Dieu. D'un pas difficile, il se dirigeait vers la sainte image pour y déposer son offrande, les trois cierges qu'il tenait à la main. Tout à coup ceux-ci s'allumèrent d'eux-mêmes.
A cet instant, le malade recouvra subitement sa santé première.

Présence de Marie. Les guerres de Religion font rage depuis 1586.La chapelle de Notre-Dame du Chêne est désertée.
En 1595, une femme ramassant du bois a la vision de la statuette de Notre-Dame du Chêne au-dessus de la chapelle en ruine. La Vierge Marie est toujours là et, pleine de compassion, elle attend les prières de ses enfants dans ces moments troubles et parfois tragiques.Il ne s'agit pas seulement de restaurer la chapelle en ruine, mais d'œuvrer pour la paix et la réconciliation dans le royaume de France.
Appel de Dieu. Parmi les pèlerins du XVIIe siècle, plusieurs obtiennent dans ce sanctuaire, par l'intercession de Marie, la grâce merveilleuse de la vocation religieuse.
Ainsi, Elisabeth de Quatrebarbes (1598-1659), bloquée par les scrupules, trouve-t-elle la lumière aux pieds de Notre-Dame du Chêne.
Elle perçoit clairement qu'elle doit entrer au Carmel. C'est pourquoi le peintre a placé Sainte Thérèse d'Avila derrière elle. Elle entre au carmel de Beaune, où elle prend le nom d'Elisabeth de la Trinité. Elue prieure, elle travailla à répandre la dévotion envers l'Enfant-Jésus inspirée par sœur Marguerite du Saint Sacrement.
Guérison grâce à la prière. En 1621, une femme se voit confier un enfant contrefait et défiguré, par une famille riche de Sablé.
La pauvre femme menant parfois son bétail à côté de cette chapelle, sent la nécessité d'y entrer, avec l'enfant porté dans ses bras.
Elle se prosterne à genoux et dit à la Vierge avec simplicité, qu'elle ne cessera pas de l'importuner jusqu'à ce que son enfant soit guéri.
Elle vient prier à Notre-Dame du Chêne tous les jours pendant six semaines, et obtient la guérison : elle vit l'enfant droit sans qu'il restât aucun signe de sa difformité.
Les petits bergers. La chapelle continua de se dégrader jusqu'au jour où le grand nombre de miracles authentiquement avérés, attira de nouveau la foule des pèlerins.
On sentit le besoin de relever les ruines d'un sanctuaire si cher à la Reine des Cieux.
Tous y contribuèrent les pauvres et les riches, et parmi ces derniers, le Maréchal de France Urbain de Laval Bois-Dauphin, marquis de Sablé (1557-1629).
À partir de 1575, il se distingue au cours des guerres de religion. Il rallie le parti de la Ligue Catholique sous Mercœur, gouverneur de la Bretagne, dont il est le principal lieutenant. En 1594, Charles de Mayenne lui vend la baronnie de Sablé. Il fit alors acte de soumission à Henri IV en lui remettant Sablé et Château-Gontier, et rentre au service du roi. Ce dernier le fit alors conseiller d’État, puis chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit.

En 1625, chassant un jour dans la lande, il fut surpris par la pluie et contraint de se réfugier sous un arbre où déjà s'abritaient des enfants avec leurs troupeaux. Les jeunes pâtres racontèrent au seigneur dans leur langage simple et enfantin qu'il y avait près de là, une statue de la Sainte Vierge qui faisait des miracles et protégeait les brebis des loups. Il n'en fallut pas davantage pour attirer l'attention du maréchal et toucher sa généreuse piétée. Le Maréchal prit la charpente à sa charge. Le marquis René du Puy-du-Fou (1595-1642), prince de Pescheseul, seigneur de Vion, d'Avoise et de Parcé, offrit le tabernacle.
Révolution française : 1793, la Terreur.
Le 21 janvier 1793, le roi Louis XVI est guillotiné.
Entre 1793 et 1796, la guerre de Vendée oppose des révoltés catholiques et royalistes aux troupes du gouvernement révolutionnaire.
Environ 200.000 Vendéens massacrés dans une atrocité sans nom, hommes, femmes et enfants, témoignent d'un véritable génocide.
La virée de Galerne, en 1793, sera encore le théâtre de massacres, notamment au Mans.
Les vendéens se sont révoltés contre trois mesures de la convention nationale : La mort de Louis XVI, la constitution civile du clergé et la levée de 300.000 hommes pour soutenir les armées en guerre contre les monarchies étrangères qui veulent étouffer la révolution française.
Dès la fin de 1792, un arrêté du Conseil Général de la Sarthe ordonne de fermer tous les oratoires en dehors des églises paroissiales : émotion pour la chapelle de Notre-Dame du Chêne.
En ces jours de la Terreur, la statuette est sauvée du vandalisme par Mr. Le Bailleul, maire de Vion.
À la fin de 1793, la chapelle est vendue à un couvreur de Sablé, M. Lefevre, sous condition expresse et acceptée qu'elle soit entièrement démolie.
Il monte sur le toit pour entamer la démolition. En enlevant les tuiles, il chute et se brise une jambe au sol.
Il témoignera jusqu'à la fin de sa vie qu'une force surnaturelle l'avait poussé.
La chapelle est restée en place et a été rachetée par Jean Dolbeau puis, en 1816, par la comtesse Adélaïde Charlotte Colombe de Rougé (1790-1852) afin de la restituer à la paroisse de Vion.
La construction du sanctuaire. En 1865, au cours d'une visite, Mgr Fillion soumet le projet de la construction du sanctuaire au Pape Pie IX.
Le souverain Pontife l'encouragea et lui remit un morceau de marbre extrait de la basilique saint Clément du Latran et béni de sa main, destiné à être encastré dans la nouvelle construction. Il se trouve dans le chœur du sanctuaire.
Le 8 juillet 1869, Mgr Fillion bénit la première pierre.
Quarante mille personnes assisteront à sa consécration le 18 septembre 1891. Mgr Labouré (1841-1906), évêque du Mans puis archevêque de Rennes, demandera, par l'entremise de Mgr Sambucetti (1838-1911), archevêque de Corinthe, l'érection de la chapelle du Chêne au titre de « Basilique mineure ».
Léon XIII fit remarquer les proportions un peu restreintes de la chapelle. L'argument du postulateur fut que le pèlerinage avait quatre cents ans d'existence et la Vierge Marie y est prodigue de tant de bienfaits.
Le 10 avril 1894, cette église est élevée au rang et à la dignité de Basilique mineure.
Enfin, Le 6 octobre 1908, la statue miraculeuse a été couronnée au nom du Pape saint Pie X.



