Chemin de croix des mères

avec Marie et les femmes de Jérusalem

 

Femmes et mères comme Marie, imitons-la. Elle nous attend debout au pied de la croix ; les sentiments intimes du cœur de Jésus à l’agonie trouvent en elle les mêmes échos : la « joie parfaite » du salut donné à l’humanité et une « tristesse à en mourir ». Joie et souffrance, vie à l’autre et mort à soi-même, c’est l’offrande de nos vies de mamans que nous voulons faire à Jésus par Marie.

 

1. Jésus est condamné à mort

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Faussement accusé,

injustement condamné,

Jésus endure

devant le tribunal des hommes

toutes nos « condamnations » de femmes :

- femmes au cœur de mère, mais que la stérilité condamne à la non-maternité…

- mères interrompant la vie et condamnant un enfant à mort…

 

Tu es le pauvre Seigneur Jésus,

en toi la gloire éternelle de Dieu

 

Prends pitié de nous,

de nos maternités déçues ou déjouées ;

Ne nous condamne pas ;

remets-nous notre dette

au Tribunal de l’Amour.

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

2. Jésus est chargé de la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Jésus est brutalement

chargé d’une croix de bois.

Notre péché lui pèse lourdement

comme à certains moments

dans la vie d’une femme :

- la future mère fatiguée et joyeuse

à la fois, portant l’enfant à naître…

- et celle, abandonnée, supportant seule

le poids de l’enfant qui s’annonce…

 

O Croix sagesse suprême,

O croix de Jésus-Christ ! (bis)

Le Fils de Dieu lui-même

Jusqu’à la mort obéit ;

Ton dénuement est extrême

O Croix de Jésus-Christ !

 

Prends pitié de nous,

de nos enfants à naître ;

Libère-nous du poids de nos fautes ;

libère nos enfants à naître

du poids trop lourd de notre arbre familial,

de ce poids de péché que nous transmettons

de génération en génération.

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

3. Jésus tombe

pour la première fois

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Avec quelle douleur Marie

a-t-elle dû voir son Fils tomber à terre !

C’est le jour où il fait son premier pas

qu’une maman voit son petit

tomber pour la première fois…

c’est l’apprentissage de la vie :

tomber pour se relever et avancer…

Mais souffrons-nous autant

de la chute et du premier péché

d’un enfant ?

 

Si l’espérance t’a fait marcher

plus loin que ta peur (bis)

Tu auras les yeux levés,

Alors tu pourras tenir, jusqu’au soleil de Dieu.

 

Prends pitié des mères qui souffrent

de voir leurs enfants

laisser tomber toute pratique religieuse,

tomber dans la drogue

ou en d’autres déviances…

et des mères indifférentes

à l’âme de leurs enfants :

« ils sont bien libres,

ils choisiront plus tard ! »

Seigneur, relève nos enfants

de leurs chutes ;

relève-nous nous-mêmes

de nos chutes innombrables.

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

 Je vous salue Marie…

 

 

 

4. Jésus rencontre sa mère

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Que dire de cet échange de regards

qui parlent un tout autre langage

que celui du monde.

Nous sommes habitués

à un monde bruyant et voyeur.

Sous prétexte « d’être vrai »,

on y dit tout, on y montre tout,

on y fait tout librement et sans pudeur.

Ces yeux-là disent

et montrent autre chose !

Jésus et Marie lisent

chacun dans le regard de l’autre

cette vérité transparente

et très pure de l’amour inconditionnel

de Dieu pour chacun de nous.

 

Vierge au cœur transpercé,

viens guider nos pas ;

Vierge au pied de la croix,

éclaire notre route ;

Vierge de ceux qui souffrent,

donne-nous ton Fils.

 

Jésus, prends pitié

de ces jeunes éduqués

dans des sociétés malsaines

et dont le regard est déjà sali tout petit…

Donne aux mères cette délicatesse

du regard et du toucher,

qui respecte l’autre quel qu’il soit…

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

5. Jésus est aidé

par Simon de Cyrène

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Personne ne s’offre à aider Jésus :

Simon est désigné d’office,

il va au service, résigné.

Il y a dans la résignation

quelque chose de servile.

Marie n’est pas résignée

devant la souffrance de son fils :

elle dit « fiat » librement

et le vit pleinement.

 

Où sont amour et charité,

Dieu lui-même est présent,

Car l’amour est de Dieu,

Car Dieu est amour.

 

Il y a bien des manières

d’être mère et de servir :

en en faisant trop… ou pas assez !

Et puis, il y a tous ces comportements

de mères résignées et anéanties

à cause de grandes blessures familiales.

Jésus, prends pitié des mamans

qui n’en peuvent plus de voir

souffrir l’un des leurs

et qui se résignent sans un vrai fiat,

ou qui se révoltent contre Toi.

                 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

6. Véronique essuie

le visage de Jésus

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Les humiliations, les crachats…

le visage de Jésus en est couvert.

Une femme s’avance et l’essuie.

L’Évangile ne nous dit pas

si Véronique était mariée, mère ou non.

Mais ce geste de laver, d’essuyer, de panser

est le geste féminin le plus maternel.

Véronique le fait

sans crainte des moqueries.

 

Je cherche le visage,

le visage du Seigneur,

Je cherche son image,

tout au fond de vos cœurs

 

Il y a des mères

qui veulent que leurs enfants

réussissent dans la vie…

Jésus, donne-leur plutôt de désirer

qu’ils réussissent leur vie, avec Toi.

Prends pitié des mères

qui subissent la honte du fils

« qui a fait des bêtises »

ou de la fille « qui tourne mal »… 

Donne à chacune la grâce

de l’humilité dans la maternité.

                 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

7. Jésus tombe

pour la seconde fois

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Pour nous relever

de toutes nos fautes « à répétition »,

Jésus tombe encore une fois.

Il ne veut pas nous voir revenir

et revenir sans cesse sur notre péché,

le ressasser jusqu’à douter

de sa miséricorde.

Oui je me lèverai, et j'irai vers mon Père.

Mon cœur a dit je cherche ta face,

Entends mon cri, pitié réponds-moi.

 

Jésus, prends pitié des mères

qui se découragent, doutent,

désespèrent de leur propre progéniture :

l’exaspération suscitée par la mollesse

et le peu de motivation

de l’adolescent au lycée,

ces jeunes qui s’abîment

dans la drogue et les boîtes…

et qui tombent dans la nuit du péché

quand tombe la nuit.

Donne aux mamans

de vraies entrailles de mère :

donne-leur d’être miséricordieuses…

                 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

 

 

8. Jésus rencontre

les femmes de Jérusalem

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

L’évangile relève la présence

des « femmes de Jérusalem » :

où sont donc passés pères, maris, fils ?

N’y a-t-il plus d’hommes

dans les rues de Jérusalem ?

Si, sans doute.

Mais simplement peut-être

sont-ils moins « présents »

à la souffrance de Jésus :

les femmes sont plus promptes à consoler

et plus expansives à le traduire…

 

Changez vos cœurs,

croyez à la Bonne Nouvelle,

Changez vos cœurs,

croyez que Dieu vous aime.

Je ne viens pas pour condamner le monde,

Je viens pour que le monde soit sauvé.

 

Jésus, prends pitié des mères

qui élèvent seules un enfant,

dont le père a déserté le domicile…

Prends pitié des veuves

qui doivent subvenir seules

à l’éducation de leurs enfants.

                 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

9. Jésus tombe

pour la troisième fois

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Notre poids de péché,

notre lourdeur font trébucher Jésus…

et tout l’amour qu’il nous porte

le fait tomber pour la troisième fois.

Nous n’avons guère conscience

de la lourdeur

de certaines de nos « légèretés » :

trop espacer nos confessions,

communier à la légère,

se couler dans certaines modes

vestimentaires qui salissent

le regard des hommes et des enfants…

 

Agneau de Dieu qui prend nos péchés (bis)

Tu donnes Vie au monde, vie,

Tu donnes Vie au monde.

 

Jésus, prends pitié des mères confrontées

à la légèreté de leurs grands enfants,

à leur refus de s’engager dans le mariage,

à leurs modes de vie qui déroutent,

à leurs inconséquences…

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

 

 

10. Les vêtements de Jésus

sont partagés

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

C’est une suprême humiliation

que Celui qui nous revêt

d’un vêtement de roi au baptême

soit dépouillé du sien !

Que Celui qui nous offre

un vêtement de gloire par sa résurrection

soit mis à nu par de simples mortels…

 

Donne-nous Seigneur, un cœur nouveau,

Mets en nous Seigneur, un esprit nouveau.

 

Jésus, prends pitié de ces pays

où des femmes subissent la violence

et sont dépouillées de leur dignité :

femmes humiliées et méprisées ;

mères qu’une extrême misère réduit

à vendre leur corps

pour donner à manger aux enfants…

Prends pitié de ces toutes jeunes filles

livrées aux plaisirs des hommes

dans les rues de la misère…

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

 Je vous salue Marie…

 

 

11. Jésus est cloué à la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Jésus est écartelé à l’extrême

pour atteindre

chaque extrémité de la croix.

Ce n’est pas seulement

aux dimensions de cette croix de bois

qu’il se prête,

mais à l’exacte dimension de l’humanité

pour la sauver tout entière.

Et si son corps est capable d’un tel don,

qu’en est-il de son cœur transpercé !

Marie vit le même écartement,

dans son cœur,

comme dans sa chair sûrement :

une femme sait bien ce que veut dire

cet écartèlement de la chair

au moment de mettre au monde.

 

Mystère du Calvaire,

Scandale de la Croix :

Le maître de la terre

Esclave sur ce bois !

Victime dérisoire,

Toi seul es le Sauveur,

Toi seul le roi de gloire,

Au rang des malfaiteurs.

 

Jésus qui enfante

l’humanité à une vie nouvelle,

prends pitié des mères en proie

aux douleurs de l’enfantement,

celles dont la douleur ne cessera jamais plus

devant leur petit mal formé.

Soutiens celles qui donnent

courageusement la vie

en pleine civilisation de mort,

et celles qu’un cœur généreux

a faites mères par la grâce de l’adoption…

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

 Je vous salue Marie…

 

 

 

12. Jésus meurt sur la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Jésus jette sa dernière prière vers le Père

et c’est un cri.

Tant que nous n’avons pas crié vers le Père,

avons-nous seulement déjà prié une fois ?

 

Nous chantons la Croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers,

Comme un signe éclatant,

de la gloire de notre Dieu.

 

Jésus prends pitié des mères

criant leur révolte devant le bébé mort-né ;

des mères criant leur douleur

d’avoir perdu un petit enfant

à la veille de grandir,

un adolescent à la veille d’être adulte,

un jeune adulte à la veille

d’être à son tour père ou mère…

 

Nous te le demandons avec et par Marie :

Je vous salue Marie…

 

 

 

 

13. Jésus est déposé de la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Marie le reçoit dans ses bras, mort.

Sa foi ne la quitte pas, mais comme le jour

doit alors ressembler à la nuit,

à cet instant là !

 

Corps du Christ, livré pour nous !

Sang du Christ, versé pour nous !

 

Jésus prends pitié des mères

pour qui le jour tarde à se lever :

celles dont les bras

attendent désespérément de serrer

à nouveau ce fils parti en claquant la porte…

celles dont l’enfant autiste

s’est muré dans un silence de mort,