Chemin de croix

Cardinal Henry Newman

vendredi saint 2001

 

 

 

Prière initiale

 

Premier Vendredi saint du troisième millénaire. La nuit est tombée. Là-haut dans le ciel, la lune resplendit. Les fidèles de Rome et les innombrables pèlerins se sont réunis pour parcourir avec Jésus le chemin de la Croix : au Colisée, monument insigne de l'Empire romain, nous célébrons maintenant la Statio Urbis et Orbis.

 

Chemin de croix, chemin de solidarité. Jésus, le Fils de Dieu, né d'une Femme, et solidaire de ses frères - humanité souffrante et désorientée - : dans sa marche, la marche de l'exilé et du déporté, de l'homme déçu qui erre, indécis, la marche hésitante de l'enfant, du malade, du vieillard, du condamné qui s'avance vers l'échafaud. Mais Jésus, avançant vers le lieu du Crâne, entraîne l'humanité vers la splendeur de la Gloire.

 

Chemin de croix, chemin de tout disciple. Jésus, le seul Maître, a dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive » (Mt 16, 24). Qu'il me suive toujours. Qu'il me suive au Calvaire. Près de la Croix se trouvent donc sa Mère, la première des disciples, et le Disciple qu'il aimait. En montant au Calvaire, Jésus sait qu'il s'apprête à donner l'enseignement suprême et à le confirmer par le don de lui-même : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13).

 

Chemin de croix, chemin sacerdotal et royal. Consacré par l'Esprit, Jésus est Roi et Prêtre. Mais sur la route du Calvaire il ne porte aucun sceptre, il n'a aucun vêtement sacerdotal. Il sait pourtant que commence son Règne. Sous la seule forme qui lui soit possible : il règne par la force de l'amour. Maintenant commence son Sacerdoce : Agneau doux et innocent, il s'offre lui-même, en victime d'expiation pour le péché du monde.

 

Chemin de croix, chemin d'espérance. Déjà à la tombée de la nuit point la certitude de l'aube. Au soir de sa vie, Jésus est sûr de l'amour de son Père, il espère malgré l'évidence de la défaite ; il est sûr que, du sein obscur de la terre, il se lèvera comme « étoile resplendissante du matin » (Ap 22, 16). Alors qu'il marche vers la mort, Jésus sait qu'il s'approche de la résurrection.

 

Chemin de croix, chemin de plénitude : de souffrance et d'amour infini, de total abaissement et de suprême exaltation ; plénitude de l'Esprit, qui jaillit du côté ouvert du Sauveur, comme un fleuve de vie et de grâce ; plénitude de pardon et de miséricorde, de réconciliation et de paix. C'est l'heure du « grand cri » (Mc 15, 37) et du silence du cosmos, qui se lamente sur la mort de son Créateur. Heure de la tête inclinée et du repos actif. Et, dans le cœur de sa Mère, heure d'immense compassion et d'attente angoissée.

 

Dieu tout-puissant, fortifie-moi par ta force, console-moi par ta paix infinie, éclaire-moi par la beauté de ton Visage, illumine-moi par ta lumière incréée, purifie-moi par le parfum de ton ineffable sainteté, plonge-moi en toi et donne-moi à boire, autant qu'un homme mortel peut en demander, de ces fleuves de grâce qui coulent du Père et du Fils, la grâce de ton amour consubstantiel et co-éternel.

 

Ô mon Seigneur, tu es tout pour moi ; toi seul me suffis. Ton Sang suffit pour le monde entier. Tu me suffis comme tu suffis à toute la descendance d'Adam. Ô mon Seigneur Jésus, fais que ta Croix soit plus que suffisante pour toute l'humanité. Fais qu'elle soit efficace. Fais qu'elle soit efficace pour moi plus que toute autre chose, afin d'éviter que j'aie tout en abondance sans que je porte aucun fruit à leur perfection (J. H. Newman, Méditations on Christian Doctrine 8, 504-505).

Amen.

 

1. Jésus est condamné à mort

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Mt 27, 22-23, 26

Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus qu’on appelle Christ ? » Ils dirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » Qu’a-t-il donc fait de mal ? demanda-t-il. Mais eux crièrent plus fort : « Qu’il soit crucifié ! » Alors il leur relâcha Barabbas. Quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le leur livra pour être crucifié.

 

 

Le Saint, le Juste, le Vrai, a été jugé par des pécheurs et condamné à mort. Pourtant, tandis qu'ils le jugeaient, ils étaient amenés à l'acquitter. Judas, qui le livra, dit « J'ai péché en livrant le sang innocent ». Pilate, qui le condamna, proclama : « Je suis innocent du sang de ce juste », et il en fit retomber la faute sur les Juifs. Le Centurion, qui le vit crucifié, s'exclama : « Vraiment, cet homme était un juste ».

 

Ainsi, Seigneur, toujours tu es juste quand tu parles et tu es vraiment vainqueur lorsque tu es jugé. De même, et plus encore, au dernier jour « ils regarderont celui qu'ils ont transpercé ». Et lui, condamné dans la faiblesse, jugera le monde avec puissance, et même ceux qui seront condamnés reconnaîtront qu'ils ont été jugés avec justice.

 

 

Notre Père…

 

Tu es le pauvre Seigneur Jésus,

en toi la gloire éternelle de Dieu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Jésus est chargé de la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Mt 27,27-31

Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus au prétoire et rassemblèrent auprès de lui toute la cohorte. Après l’avoir dévêtu, ils jetèrent sur lui un manteau de pourpre, tressèrent une couronne d’épines et la posèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite. Fléchissant le genou devant lui, ils le raillaient. « Salut, roi des juifs ! » Ils lui crachaient dessus et, prenant le roseau, ils le frappaient à la tête. Puis, après s’être ainsi moqués de lui, ils lui retirèrent son manteau, lui remirent ses vêtements et l’emmenèrent pour le crucifier.

 

 

Jésus soutient le monde entier par sa puissance divine, car il est Dieu ; mais ce poids est moins lourd que celui de la Croix, que nos péchés ont préparée pour lui. Nos péchés lui ont coûté cette humiliation. Il a dû prendre sur lui notre nature, apparaître parmi nous en tant qu'homme, et offrir pour nous un grand sacrifice. Il a dû passer sa vie dans la pénitence, il a dû souffrir sa passion et, à la fin, sa mort.

 

Seigneur, Dieu tout-puissant, toi qui, sans te lasser, portes le poids de l'univers, et qui as pris sur toi le fardeau de tous nos péchés, bien que cela, vraiment, t'épuise, de même que tu soutiens nos corps par ta providence, de même sois le Sauveur de nos âmes par ton précieux sang !

 

 

Notre Père…

 

O Croix sagesse suprême,

O croix de Jésus-Christ ! (bis)

Le Fils de Dieu lui-même

Jusqu’à la mort obéit ;

Ton dénuement est extrême

O Croix de Jésus-Christ !

 

 

 

3. Jésus tombe

pour la première fois

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Prophétie d’Isaïe (53,4-6)

Vraiment ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il s’était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, broyé par nos iniquités. Le châtiment qui nous donne le salut s’est abattu sur lui et dans ses plaies nous trouvons la guérison. Tous nous errions perdus comme des brebis, chacun suivant sa propre route et le Seigneur a fait retomber sur lui, l’iniquité de tous.

 

 

Au commencement, Satan tomba du ciel ; il tomba à cause de la juste condamnation de son Créateur, contre lequel il s'était rebellé. Lorsqu'il réussit à entraîner l'homme dans sa rébellion, et que le Créateur vint sauver la descendance d'Adam, un bref instant de triomphe se présenta alors pour Satan, et il en profita au maximum. Lorsque le Très-Saint se fit chair et fut en son pouvoir, dans sa vengeance et sa méchanceté il décida que, de même qu'il avait été abattu par le bras du Tout-Puissant, de même il lui porterait à son tour un mauvais coup qui l'abattrait. C'est pourquoi Jésus tombe dès maintenant à terre.

 

Seigneur bien-aimé, par cette première chute, retire-nous tous du péché, nous qui sommes tombés si misérablement en son pouvoir.

 

 

Notre Père…

 

Si l’espérance t’a fait marcher

plus loin que ta peur (bis)

Tu auras les yeux levés,

Alors tu pourras tenir, jusqu’au soleil de Dieu.

 

 

4. Jésus rencontre sa mère

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Lc 2, 34-35. 51

Syméon dit à Marie, sa mère : « Cet enfant amènera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction afin que se dévoilent les pensées de bien des cœurs. Et toi, une épée te transpercera l’âme. »

 

Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses dans son cœur.

 

 

Il n'y a aucune étape de la vie terrestre de Jésus à laquelle Marie n'ait pris part. Certains, qui se prétendent serviteurs du Christ, pensent que son rôle à elle s'est achevé au moment où elle a mis Jésus au monde. Après quoi, il ne lui restait plus qu'à disparaître et à tomber dans l'oubli. Ce n'est pas là ce que nous pensons de la Mère du Christ. Elle a porté au Temple Jésus nouveau-né ; elle l'a porté dans ses bras quand les Mages sont venus l'adorer. Elle a fui avec lui en Égypte, elle l'a accompagné à Jérusalem quand il avait douze ans. Avec elle, il a vécu trente ans à Nazareth, et avec lui elle est allée aux noces de Cana. Même quand Jésus l'a quittée pour commencer sa prédication, Marie ne l'a pas perdu de vue. Et maintenant, elle lui est présente tandis que, la Croix sur les épaules, il parcourt dans la souffrance la Voie sacrée.

 

Douce Mère, fais que nous pensions aussi à toi quand nous pensons à Jésus, et, quand nous le prions, assiste-nous toujours par ta puissante intercession.

 

Notre Père…

 

Vierge au cœur transpercé,

viens guider nos pas ;

Vierge au pied de la croix,

éclaire notre route ;

Vierge de ceux qui souffrent,

donne-nous ton Fils.

5. Jésus est aidé

par Simon de Cyrène

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Mt 27, 32 ; 16, 24

Comme ils sortaient, ils rencontrèrent un homme de Cyrène nommé Simon, et ils le requirent pour porter la croix de Jésus.

 

Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, prenne sa croix et me suive. »

 

 

Jésus pourrait porter tout seul sa Croix, s'il le voulait ; mais il permet à Simon de l'aider pour nous rappeler que nous devons participer à ses souffrances et collaborer à son oeuvre. Ses mérites sont infinis, et pourtant il accepte que nous, son peuple, nous ajoutions nos mérites aux siens. La sainteté de la Vierge Bienheureuse, le sang des Martyrs, les prières et les pénitences des Saints, les bonnes œuvres de tous les fidèles, participent à l'oeuvre qui de toute façon, même sans ces collaborations humaines, serait parfaite. Il nous sauve par son sang ; mais c'est aussi à travers nous et avec nous qu'il nous sauve.

 

Seigneur bien-aimé, apprends-nous à souffrir avec toi ; fais qu'il nous soit doux de souffrir par amour pour toi, et sanctifie par tes mérites chacune de nos souffrances.

 

Notre Père…

 

Où sont amour et charité,

Dieu lui-même est présent,

Car l’amour est de Dieu,

Car Dieu est amour.

 

Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit

Ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas ;

Voilà le commandement que nous avons reçu de lui,

Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

 

 

 

6. Véronique essuie

le visage de Jésus

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Prophétie d’Isaïe (53,2-3)

Il n’a ni apparence ni beauté pour frapper nos regards, ni splendeur pour attirer sur lui notre amour. Méprisé et rejeté par les hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face.

 

 

 

Jésus a permis à une pieuse femme de conserver, imprimés sur un linge, les traits de son saint visage, afin qu'ils restent pour les âges à venir. Il a voulu cela pour nous rappeler à tous que son image doit rester toujours imprimée dans nos cœurs. Qui que nous soyons, en quelque région de la terre ou à quelque époque de l'histoire que nous vivions, Jésus doit toujours demeurer en nos cœurs. Nous pouvons être différents les uns des autres sur beaucoup de points, mais, dans ce domaine, nous devons tous nous retrouver si nous sommes ses vrais enfants. Nous devons porter en nous le voile de Véronique ; nous devons sans cesse méditer sur la mort et la résurrection du Christ, et toujours imiter, chacun à notre mesure, sa perfection divine.

 

Seigneur, fais que notre visage soit toujours agréable à tes yeux, qu'il ne soit pas souillé par le péché mais lavé et rendu lumineux par ton sang précieux.

 

Notre Père…

 

Je cherche le visage,

le visage du Seigneur,

Je cherche son image,

tout au fond de vos cœurs

 

 

 

 

7. Jésus tombe

pour la seconde fois

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

 

Lettre aux Hébreux (4,15)

Nous avons un grand prêtre qui n’est pas incapable de compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en toute chose, à notre ressemblance, le péché excepté.

 

 

Satan connut une deuxième chute quand notre Seigneur vint sur la terre. Depuis longtemps déjà, il avait usurpé la domination du monde entier et il se considérait comme son roi. Il osa alors prendre dans ses bras le Saint Sauveur et lui montrer tous les royaumes, et lui promettre de manière impie de les lui donner, à lui son Créateur, s'il l'adorait. Jésus répondit : « Retire-toi, Satan ! », et Satan tomba du haut de la montagne. Jésus témoigna de cette scène quand il dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair ». Le Mauvais se souvint de cette deuxième défaite et il jeta à terre pour la deuxième fois, maintenant qu'il l'avait en son pouvoir, le Seigneur innocent.

 

Seigneur bien-aimé, apprends-nous à souffrir avec toi et à ne pas craindre les assauts de Satan, quand ils sont la conséquence de la résistance que nous lui opposons.

 

 

Notre Père…

 

Oui je me lèverai, et j'irai vers mon Père.

Mon cœur a dit je cherche ta face,

Entends mon cri, pitié réponds-moi.

 

 

 

 

 

 

 

8. Jésus rencontre

les femmes de Jérusalem

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Lc 23, 27-29, 31

Une grande foule du peuple le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et pleuraient sur lui. Mais, se retournant vers elles, Jésus leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants. Car viendront des jours où l’on dira : « Heureuses les stériles, les entrailles qui n’ont pas enfanté et les seins qui n’ont pas allaité… Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du sec ? »

 

Depuis que la prophétie antique avait annoncé que le Sauveur de l'homme naîtrait d'une femme de la descendance d'Abraham, toutes les femmes juives avaient désiré cette maternité. Mais maintenant qu'il est enfin venu, combien la réalité, à s'en tenir à l'Évangile, apparaît différente de ce qu'elles attendaient ! Il dit aux femmes : « Voici venir des jours où l'on dira : "Heureuses les femmes stériles, celles qui n'ont pas enfanté, celles qui n'ont pas allaité " ».

 

Seigneur, nous ne savons pas ce qui est bon pour nous ni ce qui est mauvais. Nous ne pouvons pas prédire l'avenir, et nous ne savons pas quand tu viendras nous visiter, ni sous quelle forme tu viendras. C'est pourquoi nous te confions tout. Agis avec nous et en nous selon ton bon plaisir. Fais que notre regard soit toujours tourné vers toi, et regarde-nous toujours ; donne-nous la grâce de ta Croix et de ta Passion amère, et console-nous de la manière que tu sais et à l'heure que tu veux.

 

Notre Père…

 

Changez vos cœurs,

croyez à la Bonne Nouvelle,

Changez vos cœurs,

croyez que Dieu vous aime.

Je ne viens pas pour condamner le monde,

Je viens pour que le monde soit sauvé.

9. Jésus tombe

pour la troisième fois

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

 

Mt 11,28-29

Venez à moi, vous tous qui êtes chargés et fatigués et je vous donnerai du repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur.

 

 

Satan connaîtra une troisième et dernière chute à la fin du monde, quand il sera enfermé pour toujours dans l'éternelle prison de feu. Il sait que ce sera là sa fin ; il n'a aucune espérance, seulement de la désespérance. Il sait qu'aucune des souffrances qu'il peut infliger maintenant au Sauveur des hommes ne pourra le soustraire à l'inévitable condamnation. Toutefois, dans sa rage horrible et dans sa haine, il est déterminé à outrager et à torturer tant qu'il le peut le Roi des rois, dont le règne est éternel. C'est pourquoi, pour la troisième fois, il le jette férocement à terre.

 

Jésus, Fils unique de Dieu, Verbe incarné, nous vénérons avec crainte et tremblement et avec une profonde reconnaissance la terrible humiliation par laquelle toi, le Très-Haut, tu as voulu être, fût-ce pour une heure seulement, le souffre-douleur et la proie du Mauvais.

 

 

Notre Père…

 

Agneau de Dieu qui prend nos péchés (bis)

Tu donnes Vie au monde, vie,

Tu donnes Vie au monde.

 

 

 

 

 

10. Jésus est dépouillé

de ses vêtements

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Mt 27,33-34

Arrivés à un lieu-dit Golgotha, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel.

 

Jn 19,23-24

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une pour chaque soldat, et sa tunique. Or cette tunique était sans couture, tissée d’une seule pièce du haut en bas. Ils se dirent donc les uns aux autres : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura. » Ainsi s’accomplit l’Écriture : « Ils se sont partagés mes vêtements et ils ont tiré au sort ma tunique. »

 

 

Jésus a voulu renoncer à tout dans ce monde, avant de le quitter : il a ainsi pratiqué la pauvreté la plus parfaite. Quand il partit de la sainte maison de Nazareth pour commencer à prêcher, il n'avait pas d'endroit où reposer sa tête. Il vivait de la nourriture la plus pauvre et de ce que lui donnaient ceux qui l'aimaient et qui le servaient. C'est pourquoi il a choisi une mort où même ses vêtements ne lui ont pas été laissés. Il s'est séparé aussi de ce qui, selon la loi de la nature après la faute originelle, semblait le plus nécessaire et qui était considéré comme faisant partie de lui-même.

 

De la même manière, Seigneur bien-aimé, accorde-nous de ne nous inquiéter pour rien sur cette terre, et de supporter la perte de tout, endurant même la honte, le reproche, le mépris et la dérision, pourvu que tu n'aies pas à avoir honte de nous au dernier jour.

 

Notre Père…

 

Donne-nous Seigneur, un cœur nouveau,

Mets en nous Seigneur, un esprit nouveau.

 

 

11. Jésus est cloué à la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

Mt 27,35-42

Quand ils l’eurent crucifié…, s’étant assis, ils restaient là, à le garder. Ils avaient placé au-dessus de sa tête un écriteau avec le motif de sa condamnation : « Celui-ci est jésus, le roi des juifs. » Alors on crucifia avec lui deux bandits : l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Et ceux qui passaient par là l’insultaient, hochant la tête et disant : « ... Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix. » De même se moquaient de lui les grands prêtres ainsi que les scribes et les anciens, disant : « ... Qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui ».

 

 

Avec des clous acérés, Jésus est transpercé, mains et pieds. Ses yeux sont voilés de sang sous les paupières tuméfiées et les sourcils meurtris par les coups des bourreaux. Sa bouche est remplie de vinaigre et de fiel, sa tête serrée par une couronne d'épines acérées. Son cœur est transpercé par la lance. Tous ses sens sont mortifiés et crucifiés, dans le but d'offrir une expiation pour toutes sortes de péchés humains.

 

Jésus, mortifie-nous et crucifie-nous avec toi. Fais que nous ne péchions jamais avec nos mains ou avec nos pieds, avec nos yeux ou avec notre bouche, avec notre esprit ou avec notre cœur. Que tous nos sens soient un sacrifice offert à toi ; que chacun de nos membres chante ta louange. Fais que le sang sacré qui jaillit de tes cinq plaies nous inonde d'une telle grâce sanctifiante que nous puissions mourir au monde et ne vivre que pour toi.

 

Notre Père…

 

Mystère du Calvaire,

Scandale de la Croix :

Le maître de la terre

Esclave sur ce bois !

Victime dérisoire,

Toi seul es le Sauveur,

Toi seul le roi de gloire,

Au rang des malfaiteurs.

12. Jésus meurt sur la croix

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

 

Mt 27,45-46, 50

De midi à la troisième heure de l’après-midi, l’obscurité se fit sur toute la terre. Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Eli, Eli, lemà sabactàni ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »… Et, poussant de nouveau un grand cri, il expira.

 

 

Tout est accompli, tout est arrivé à la plénitude finale. Le mystère de l'amour de Dieu pour nous est réalisé. Le prix est payé, et nous sommes rachetés. Le Père éternel a décidé de ne pas nous pardonner sans un prix en échange, afin de nous manifester une bienveillance spéciale. Il a daigné nous rendre précieux à ses yeux. On attribue de la valeur à ce qu'on acquiert en le payant. Il aurait pu nous sauver sans aucun prix, par un simple « fiat » de sa volonté. Mais afin de montrer son amour pour nous, il a fixé un prix ; et s'il devait y avoir un prix pour nous, s'il devait y avoir un rachat à exiger en expiation de nos péchés, ce ne pouvait être que la mort du Fils dans notre nature.

 

Mon Dieu et mon Père, tu nous as tellement estimés que tu as payé le prix le plus élevé possible pour nos âmes de pécheurs. Ne devrons-nous pas t'aimer et te choisir par-dessus tout comme notre bien unique et nécessaire ?

 

Notre Père…

 

Nous chantons la Croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers,

Comme un signe éclatant,

de la gloire de notre Dieu.

 

 

 

 

 

13. Jésus est déposé

dans les bras de sa Mère

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Mt 27, 55, 57-58

Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient de loin, celles-là mêmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient [ ... ] Le soir venu, il vint un homme riche d’Arimathie, du nom de Joseph, qui, lui aussi était devenu disciple de jésus. Il alla trouver Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remît.

 

 

Maintenant, Jésus est de nouveau à toi, ô Vierge Mère, car, après sa rencontre avec le monde, lui et le monde se sont de nouveau séparés. Il s'était éloigné de toi pour accomplir l'oeuvre de son Père. Non sans souffrance, il l'a menée à bon terme. Satan et les mauvais n'ont maintenant plus rien à revendiquer sur lui : il est resté trop longtemps entre leurs mains. Satan l'avait fait monter sur la haute montagne ; des hommes mauvais l'ont élevé sur la Croix.

 

Il n'avait plus été dans tes bras, ô Mère de Dieu, depuis son enfance ; mais toi, tu peux revendiquer un droit sur lui, maintenant que le monde a commis le pire. Puisque tu es riche de toutes les faveurs divines, toi, la toute bénie, pleine de toute grâce, la Mère du Très-Haut, nous nous réjouissons de ce grand mystère. Il est resté caché dans tes entrailles, il a dormi sur ta poitrine, il s'est nourri à ton sein, il a été porté sur tes bras et maintenant qu'il est mort, il est déposé sur tes genoux. Vierge Mère de Dieu, intercède pour nous !

 

Notre Père…

 

Corps du Christ, livré pour nous !

Sang du Christ, versé pour nous !

 

 

14. Jésus est mis au tombeau

 

 

Ta Croix ô Christ est notre lumière,

nous acclamons ta Résurrection

qui donne la Vie !

 

 

Mt 27,59-61

Joseph prit le corps de Jésus, l’enveloppa d’un linceul très pur et le déposa dans son propre tombeau, un tombeau neuf qu’il avait fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau, et s’en alla. Or il y avait là, devant le sépulcre, Marie de Magdala et l’autre Marie.

 

 

Au seuil de son triomphe éternel, Jésus semble plus loin que jamais de la victoire. Près d'entrer dans son royaume pour exercer tout pouvoir au ciel et sur la terre, il gît inanimé dans une cavité du rocher. Il est enveloppé dans un linceul et relégué dans un sépulcre de pierre. Mais il est sur le point d'avoir un corps glorieux, spirituel, capable de passer à travers n'importe quel élément et de se déplacer plus vite que la pensée ; un corps qui très bientôt montera au Ciel.

 

Jésus, aide-nous à nous confier à toi, en attendant que tu veuilles disposer d'une destinée semblable pour nous. Fais, Seigneur, que nous soyons sûrs que plus nous sommes dans l'affliction, plus nous sommes proches de toi ; que plus les hommes nous tournent en dérision, plus tu nous honores ; que plus les hommes nous méprisent, plus tu nous glorifieras ; que plus ils nous oublient, plus tu te souviens de nous ; que plus ils nous abandonnent, plus tu nous rendras proches de toi.

 

Notre Père…

 

Grain de blé qui tombe en terre,

si tu ne meurs pas,

Tu resteras solitaire,

Ne germera pas.

 

Qui à Jésus s’abandonne, trouvera la vie,

Heureux l’homme qui se donne,

Il sera béni.

Prière de conclusion

du Chemin de Croix

 

Prions le Seigneur : Dieu qui as voulu sanctifier l'étendard de la Croix par le sang précieux de ton Fils unique, accorde-nous, nous t'en prions, à nous qui nous réjouissons de la gloire de cette sainte Croix, de pouvoir, en tout temps et en tout lieu, jouir de ta protection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Amen.