Chemin de croix
André Frossard
vendredi saint 1986
1. Jésus
est condamné à mort
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
O Christ ! Tu nous as dit un jour
« Lequel d’entre vous
me convaincra de péché ? »
Voilà ton crime :
tu étais sans péché
parmi des hommes sans innocence.
Il fallait que tu meures
Et ils t’ont condamné.
Et nous étions présents.
Car à cet instant,
toute l’histoire du monde
s’est enveloppée autour de toi,
comme le manteau couleur de sang
dont les exécuteurs vont te revêtir.
O Christ,
Fils de l’homme condamné par l’homme !
Cette chair que tu as prise de nous,
ce corps que nous t’avons donné,
nous allons le reprendre,
lambeau par lambeau,
sous la morsure des fouets et des épines.
O Christ !
Sur ce chemin de ton agonie,
c’est nous en vérité
qui avons besoin de ta pitié.
Cette honte qui est la nôtre
devant ton supplice,
qui l’effacera ?
Nous t’en supplions, pardonne !
Mémoire éternelle,
oublie !
Notre Père…
Tu es le pauvre Seigneur Jésus,
en toi la gloire éternelle de Dieu
2. Jésus est chargé de la croix
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
O Christ !
Tu es venu vivre parmi nous,
lumière enseignante.
Tu nous as apporté une joie inconnue,
un autre regard sur un monde
qui avait entendu parler de sagesse,
de justice, quelquefois de pitié,
mais qui ne savait rien de la charité,
qui est la cause et la raison cachée
de toutes choses.
Tu nous as appris que l’amour
fait exister l’autre,
qu’il est un autre nom de la Révélation,
qu’il vole vers la faiblesse et se pose,
doucement, sur les lèvres qui prient.
Tu as interrogé notre cœur,
et voici notre réponse :
cette courte voie à travers Jérusalem,
qui trace la ligne brisée de la foudre,
et cette pièce de bois trop lourde,
tombée sur tes épaules,
comme un morceau de charpente
de l’Univers écroulé !
O Christ !
Nous t’en supplions, pardonne.
Douceur infinie, ne te souviens
que de Toi-même !
Notre Père…
O Croix sagesse suprême,
O croix de Jésus-Christ ! (bis)
Le Fils de Dieu lui-même
Jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême
O Croix de Jésus-Christ !
3. Jésus tombe
pour la première fois
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
O Christ ! Tu nous as dit :
« Mon joug est doux,
et mon fardeau léger. »
Mais nous n’avons pas ta mansuétude,
et notre joug blesse, notre fardeau écrase.
Le péché, c’est ce poids
qui nous fait trop lourds,
et nous éloigne de Dieu.
Cette pesanteur
qui nous attire vers le néant,
cette obscure patrie
que nous ne parvenons pas à oublier.
Et cette accumulation de mensonges,
de violences et de cruautés,
que Tu expies à notre place.
Toi-même,
tu n’en peux porter la charge sans fléchir.
Et comme en écho
au premier des trois reniements de Pierre,
tes genoux heurtent le sol,
pour une sorte de prière
que nous n’exaucerons pas
O Christ sans péché,
nous t’en supplions, pardonne.
Aujourd’hui,
ne Te souviens que de ta miséricorde !
Notre Père…
Si l’espérance t’a fait marcher
plus loin que ta peur (bis)
Tu auras les yeux levés,
Alors tu pourras tenir, jusqu’au soleil de Dieu.
4. Jésus rencontre sa mère
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Ici deux regards se croisent :
celui de la Passion
qui monte vers son inexorable achèvement ;
celui de la Compassion
qui envahit les Cieux. (...)
Elle renverse l’ordre du monde.
Elle s’attaque à l’espérance,
défie la foi.
La plaie qu’elle ouvre ne se referme jamais.
Et c’est cette souffrance-là
que nous t’avons infligée
à toi, Marie,
Tabernacle des huit béatitudes :
douce et pauvre,
pacifique et miséricordieuse,
cœur très pur.
Toi qui pleures sur ce chemin,
sanctuaire détruit sur la terre
par la douleur,
Reconstruit dans l’éternité
par la grâce
Je te salue Marie !
pleine de grâce ...
Vierge au cœur transpercé,
viens guider nos pas ;
Vierge au pied de la croix,
éclaire notre route ;
Vierge de ceux qui souffrent,
donne-nous ton Fils.
5. Jésus est aidé
par Simon de Cyrène
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Comme le condamné
ensanglanté et affaibli par la flagellation
trébuchait sur le chemin,
ceux qui l’emmenaient, dit l’Évangile,
prirent du milieu de la foule
un certain Simon de Cyrène,
qui revenait des champs.
Et ils le contraignirent
à se charger de la croix,
pour la porter derrière Jésus.
O Christ !
En ce jour où se sont coalisées
pour te perdre
la trahison, l’ignorance, la haine sectaire,
l’injustice, et son inséparable alliée
la raison d’État,
dans ta bonté
tu as donc permis que,
par l’un d’entre nous pris au hasard
par des soldats qui faisaient ta volonté
en croyant imposer la leur,
nous fûssions associés
à l’œuvre mystérieuse de notre salut.
Afin que nous ne soyons pas tout à fait
exclus de ta Passion.
Qu’il y eût au moins un homme
pour te suivre,
quand les autres te fuyaient.
Et qu’il y eût au moins,
sous le poids de la croix,
un bref instant de ressemblance,
entre le Sauveur et le sauvé !
Notre Père…
Où sont amour et charité,
Dieu lui-même est présent,
Car l’amour est de Dieu,
Car Dieu est amour.
Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit
Ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas ;
Voilà le commandement que nous avons reçu de
lui,
Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.
6. Véronique essuie
le visage de Jésus
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Sainte Véronique,
toi qui eus le courage de braver
la meute attachée aux pas du Christ,
et de franchir l’invisible frontière
qui sépare le condamné du reste des vivants,
donne-nous, à nous aussi,
le courage de reconnaître et d’approcher
la Vérité,
offensée, méconnue et bannie
de la société des hommes.
Toi qui, dans les cris de la cohue
qui ne comprenait rien à sa propre fureur,
n’entendis que l’invincible murmure
de ta pitié,
empêche-nous de rester sourds
à la plainte de ceux qui vont mourir.
Véronique, toi qui as pris entre tes mains
la face du Sauveur,
dans un geste dont la tradition
n’a jamais oublié la beauté,
prie pour tes frères de la suite des temps,
aie compassion de leur faiblesse,
de leur peu de foi et d’amour,
toi qui ne connaissais pas la crainte,
et qui, en courant essuyer de ton voile
le sang et la sueur de la souffrance,
recueillis le visage meurtri
de la divine charité
Notre Père…
Je cherche le visage,
le visage du Seigneur,
Je cherche son image,
tout au fond de vos cœurs
7. Jésus tombe
pour la seconde fois
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
« Il ne brisera pas le roseau froissé,
dit l’Écriture,
Il n’écrasera pas la mèche
prête à s’éteindre. »
O Christ !
Tu n’es pas venu vaincre les empires,
car ton histoire ne s’écrit pas
avec le sang des autres,
mais avec le tien.
Tu n’es pas venu juger et punir,
mais donner ta vie à ce qui sans toi
passe et meurt.
Tu es venu recueillir
jusqu’à la dernière parcelle
de cette poussière qui nous constitue,
afin que rien ne soit perdu
de ce que Tu as créé ;
que revive par la charité
ce que le péché flétrit et tue ;
qu’il n’y ait rien sur la terre
de si humble, de si misérable,
et de si méprisé,
qui ne soit encore au-dessus
de ton abaissement.
Messie en déroute, chassé du monde,
et qui,
pour obtenir à jamais
l’acquiescement des consciences,
plie le genou pour la deuxième fois.
Notre Père…
Oui je me lèverai, et j'irai vers mon Père.
Mon cœur a dit je cherche ta face,
Entends mon cri, pitié réponds-moi.
8. Jésus rencontre
les femmes de Jérusalem
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Il était suivi d’une grande multitude
de peuple, et des femmes se frappaient
la poitrine et se lamentaient sur lui.
Alors il tourna vers elles son regard
qui voyait la fin du monde,
et Il leur dit :
« Filles de Jérusalem !
Ne pleurez pas sur moi,
mais pleurez plutôt sur vous
et sur vos enfants.
Car des jours viendront où l’on dira :
« Heureuses les stériles,
heureuses les entrailles
qui n’ont pas enfanté,
le sein qui n’a pas allaité ! »
Alors ils crieront aux montagnes :
« Tombez sur nous ! »
Et aux collines : « Recouvrez-nous »
O Christ !
Ta prophétie n’aura pas tardé à
s’accomplir.
Bientôt Jérusalem sera détruite.
Du temple où tu enseignas
il ne subsistera qu’un mur,
battu pendant des siècles
par le flot des enfants d’Israël,
comme un barrage à supplications,
comme une retenue de larmes.
Et aujourd’hui encore la paix
n’est pas revenue sur cette terre sainte
où Tu as prononcé - était-ce donc en
vain ?
la seule parole
qui puisse faire taire les armes,
le jour où tu as dit à tes disciples :
« aimez vos ennemis ! »
Notre Père…
Changez vos cœurs,
croyez à la Bonne Nouvelle,
Changez vos cœurs,
croyez que Dieu vous aime.
Je ne viens pas pour condamner le monde,
Je viens pour que le monde soit sauvé.
9. Jésus tombe
pour la troisième fois
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
L’être humain, qui vient de l’amour,
retourne à l’amour
à travers la souffrance et la mort.
L’amour lui-même le lui dit
depuis le commencement du monde.
Et il ne l’entend pas.
Tous les êtres et toutes les choses
qui sont sur la terre et dans le ciel,
et jusqu’au dernier grain de lumière
de l’immense nuit,
n’ont pas d’autre cause que l’amour.
L’amour lui-même est venu nous le dire.
Et nous l’avons fait taire.
O Christ !
Tu nous as dit
« Je vous donnerai un cœur de chair. »
Et voici que les soldats
te poussent vers les branches sinistres
de cette colline offerte aux vautours.
Et que sous le poids de tes dons méprisés,
tu tombes pour la troisième fois.
Notre Père…
Donne-nous Seigneur, un cœur nouveau,
Mets en nous Seigneur, un esprit nouveau.
10. Jésus est dépouillé
de ses vêtements
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Ils vont se partager tes vêtements.
Ils tireront au sort ton manteau
sans couture et tissé d’un seul jet,
Comme la sainte Écriture
depuis le premier jour de la création,
nouée fil à fil et jamais rompue,
qui révèle et voile en même temps
la présence de Dieu,
et qui ne devrait jamais se lire
qu’à genoux,
tes vêtements sont les mots
de ton message.
O Christ !
Ils annoncent et masquent ta personne ;
en eux c’est Elle qu’il faut chercher.
Car nous savons, nous,
que la Vérité, c’est toi,
qu’il n’y a nulle vérité où
tu n’es pas,
nul mensonge où tu viens.
Bénie soit ta Personne très pure,
dépouillée par les chiffonniers de
l’histoire,
et qui nous abandonne aussi,
avec son manteau,
sa chair déchirée.
Notre Père…
Agneau de Dieu qui prend nos péchés (bis)
Tu donnes Vie au monde, vie,
Tu donnes Vie au monde.
11. Jésus est cloué à la croix
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Tes mains qui ont béni,
Seigneur,
tes mains qui ont guéri,
qui ont rendu la vue aux aveugles,
qui ont effacé la lèpre des visages,
et qui dessinaient sur le sable,
tandis que les faux juges
de la femme adultère
quittaient un à un leur tribunal de mort…
Tes mains qui ont partagé le pain
et versé le vin,
afin que les invisibles vérités de la foi
nourrissent et irriguent
les incertaines réalités de ce monde
visible…
Tes mains qui ont tant donné
et si peu reçu
Seigneur,
tes mains généreuses
fixées au bois
resteront éternellement ouvertes.
Le fer acéré traverse les pieds
qui ont sanctifié la terre,
la justice menteuse des hommes
a fini son œuvre,
et sous le soleil noirci par l’orage et le crime,
tout est prêt
pour l’envol cloué du crucifié
Notre Père…
Mystère du Calvaire,
Scandale de la Croix :
Le maître de la terre
Esclave sur ce bois !
Victime dérisoire,
Toi seul es le Sauveur,
Toi seul le roi de gloire,
Au rang des malfaiteurs.
12. Jésus meurt sur la croix
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Et maintenant, Seigneur,
tu n’es plus qu’un réseau de souffrances
l’une par l’autre tendues et multipliées.
Il n’est plus une respiration
qui ne souffle en toi le ravage et l’incendie,
il n’est plus une des fibres de ton corps,
chevillées comme les cordes de la harpe,
qui ne rende la vibration de la douleur.
Et cependant tu dis :
« Père, pardonne-leur,
car ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Ils ne savent pas non plus ce qu’ils disent
quand ils Te crient dans ton agonie :
« Sauveur, sauve-Toi Toi-même ! »
Ils ne comprennent pas
que dans ton immobilité effrayante
tu vas les chercher au bout de leur misère
et de leur péché,
jusqu’au fond de leurs ultimes refus
et, plus loin encore,
dans les limbes de leur indifférence.
O Christ !
Tu ne connaissais pas la nuit,
et la voici qui vient
écouter les sombres paroles du psaume :
« Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Ces paroles il fallait que tu les prononces
pour que nul ne puisse dire
que tu n’avais pas connu
la suprême angoisse
de la condition humaine.
Et pour que s’éteignît en toi
la dernière étincelle de cette joie divine
que tu cachais à tes apôtres.
Enfin pour qu’il y eût
au sommet de ton sacrifice
cette éclipse de divinité
qui te fait semblable à nous.
Afin que fût dévié le coup fatal
que nous nous sommes porté
en nous choisissant nous-mêmes
à l’aube de la création.
Et enfin que nous ne soyons plus jamais
seuls dans notre mort.
Tu meurs, O Christ !
Notre Père…
Nous chantons la Croix du Seigneur,
Qui se dresse sur l’univers,
Comme un signe éclatant,
de la gloire de notre Dieu.
13. Jésus est déposé de la croix
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
Tout est accompli !
Ton regard, Seigneur,
qui a baptisé la terre,
ton regard qui éternise
et qui a revêtu d’une lumière nouvelle
les êtres et les petites choses de la vie,
ton regard n’est plus.
Tout est accompli !
Ils sont fixés pour toujours,
ils ne sortiront plus de la mémoire humaine
ceux que tu as rencontrés
dans la parabole de ta vie :
l’apôtre et le miséreux,
le jeune homme riche
et la femme du puits de Jacob,
Pilate qui se lavera les mains
jusqu’à la fin des temps,
Caïphe le doigt levé
pour énoncer les mornes sentences
de toutes les sagesses pourries
par l’avarice du cœur.
L’aveugle qui a vu son visage
monter du fond des eaux,
Lazare debout
échappé aux griffes molles des
ténèbres,
Marthe qui n’avait pas une minute à elle,
et sa sœur contemplative
qui avait choisi la meilleure part.
Nicodème qui aurait bien voulu comprendre,
et le centurion qui ne doutait pas
Tout est accompli !
Ton corps transpercé,
détaché de la croix,
glisse dans les bras de ta mère,
de Jean le fils que tu lui as légué,
de Madeleine auprès d’eux
qui brûle comme une torsade de douleur.
O Marie !
Être bénie entre toutes les femmes,
cela signifiait donc
qu’il te serait tout demandé
de subir, de savoir et d’accepter.
Tout est accompli !
Sur le tertre des suppliciés
où le monde se donne la mort en spectacle.
Il n’y a plus autour de toi
que ces trois êtres immenses,
qui rayonneront jusqu’à la fin des jours.
et qui te pleurent.
O Christ,
irruption de lumière enfuie…
Notre Père…
Corps du Christ, livré pour nous !
Sang du Christ, versé pour nous !
14. Jésus est mis au tombeau
Ta Croix ô Christ est notre lumière,
nous acclamons ta Résurrection
qui donne la Vie !
C’est fini.
Cette heure où tout semble perdu
est celle de la foi, et d’elle seule.
La foi est la douce fiancée de Dieu.
Il la regarde avec tendresse,
comme l’épouse du Cantique,
et comme la seule preuve d’amour
que nous puissions lui donner.
C’est elle qu’il est venu chercher sur la terre,
et qu’il craignit un jour,
en contemplant Jérusalem,
de ne pas retrouver lorsqu’il reviendrait.
Elle l’attend avec une patience égale,
elle veille au milieu des soldats endormis,
devant le tombeau
où l’on a déposé ton corps,
Seigneur.
Rien ne la trouble et rien ne l’effraie.
Elle s’est fait des alliés de tout ce qui fait
l’angoisse ou le désespoir des hommes
incrédules,
de la souffrance, qui la rend semblable à Toi,
du temps, ce voyage de l’éternité
dans un univers qui n’est pas le sien.
Elle aime, que lui importe le reste ?
Pour elle, ce caveau étroit et neuf
où tu reposes, Seigneur,
c’est l’arche de la nouvelle alliance.
Et ce n’est plus la Loi qu’elle contient
c’est la Sainteté, le Principe de
l’Église
et des Accomplissements futurs.
Elle sait que le troisième jour tu ressusciteras,
Seigneur, caché dans ce monde
plus profondément encore que dans le sépulcre.
Toi que nos péchés crucifient,
toi que nous avons enseveli dans nos cœurs,
brise en nous cette pierre
que nous avons scellée sur toi.
Notre pauvre foi te le demande.
Dans son deuil du Vendredi Saint
quelque chose en elle, déjà, chante à
mi-voix.
Car cette nuit qui l’environne
n’est pour elle que le commencement du jour
et le jour c’est toi,
ô Christ !
Notre Père…
Grain de blé qui tombe en terre,
si tu ne meurs pas,
Tu resteras solitaire,
Ne germera pas.
Qui à Jésus s’abandonne, trouvera la
vie,
Heureux l’homme qui se donne,
Il sera béni.