Nous rappelons ta mort

Seigneur Jésus

 

Claude Ducarroz

 

1. Jésus entre comme Messie

à Jérusalem

 

Luc 19,29-40

Tous les disciples, en masse, remplis de joie, se mirent à louer Dieu à pleine voix. Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux !

           

Le mystère pascal est enclenché. Il n’y a plus de doute possible : juché sur son âne, Jésus de Nazareth réalise les prophéties messianiques, d’autant plus qu’une foule l’acclame comme roi à Jérusalem même. C’est la fête.

 

On peut penser que Jésus n’a pas dédaigné cette liesse populaire qu’il a en partie provoquée. Il fallait que le peuple le proclame à la face des autorités d’Israël : oui, c’est Jésus de Nazareth qui est le Messie, le Seigneur, le Roi. C’est lui qui apporte la paix dans le ciel, lui qui rend gloire à Dieu au plus haut des cieux.

 

Gloire à toi Seigneur notre chef et notre roi,

Gloire à toi Seigneur notre chef et notre roi.

 

Prière

Seigneur Jésus, nous aurions voulu être parmi tes disciples qui criaient leur joie, au sein de cette foule qui t’acclamait. Mais nous mesurons aussi combien il nous est difficile de garder une âme de louange, de confesser notre foi en toi parmi les chants de fête. Tant de soucis nous accablent, tant de divertissements nous éloignent de toi. Imprime à nouveau dans nos cœurs les faits et gestes de ton mystère pascal afin que nous soyons tes amis, non pas en paroles et de langue, mais en actes et en vérité (1 Jn 3, 18).

 

 

 

 

 

2. Jésus lave les pieds

de ses disciples

 

Jean 13, 1-20 Il les aima jusqu’à l’extrême. Il commença à laver les pieds des disciples. C’est un exemple que je vous ai donné. Heureux êtes-vous si vous le faites !

 

Le véritable chemin de gloire de Jésus commence au ras du sol. Il se traîne devant ses disciples pour leur laver les pieds. Il y a dans cette scène quelque chose d’indécent, de scandaleux. Pierre ne la supporte pas.  Jamais, c’est le cri du bon sens dans une religion qui veut sauver Dieu contre lui-même quand il exagère à ce point.

                       

L’évangéliste a prévenu nos objections. Et nous donne son explication. Oui, c’est de la folie, celle de l’amour quand il va jusqu’à l’extrême. Jésus est bel et bien un extrémiste de l’amour.

 

Il ne se gêne pas de nous recommander, voire de nous ordonner, ce paroxysme-là : Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi.  C’est le programme de l’Évangile, à la fois pratique et heureux.

 

Où sont amour et charité, Dieu est présent.

Jésus sachant que son heure était venue

De passer de ce monde à son Père,

Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,

Il les aima jusqu’à la fin.

 

Prière     Notre Seigneur et notre Maître, Jésus du lavement des pieds, viens nous apprendre à nouveau les joies des humbles services. Quand nous sommes tentés d’écraser au lieu de respecter, d’exclure au lieu d’accueillir, redis-nous ta parole de lumière qui nous invite à trouver notre bonheur dans l’accomplissement de nos tâches quotidiennes, surtout les plus modestes. Aide-nous à trouver ou à retrouver notre vraie grandeur dans le don de nous-mêmes par amour, notamment auprès de ceux qui sont les plus démunis ou les plus humiliés, afin que notre charité, puisée aux sources de la tienne, rende gloire au Père et contribue au salut du monde.

3. Jésus institue l’Eucharistie

 

Luc 22,14-20

J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, versé pour vous.

 

Avant de quitter les siens pour retourner vers le Père, Jésus a inventé et partagé un étrange repas. C’est lui qui sert et c’est lui qui est servi. C’est lui qui offre et c’est lui qui est offert. Prenez, mangez et buvez.

                       

Et ce mystère est grand. Bien plus qu’un simple souvenir comme lorsqu’on donne une photo ou un bijou avant de s’en aller. Mieux encore qu’un riche héritage comme celui que des parents peuvent transmettre à leurs enfants avant de mourir. L’Eucharistie : un cadeau extraordinaire, unique. Dans le repas fraternel célébré en mémoire du Christ, il y a toute sa réalité - mais sous une autre forme - que l’Église peut ranimer à travers l’espace et le temps, partout et toujours, jusqu’au retour du Seigneur. Une source, un sommet.

 

Voici ce que le Seigneur nous a légué avant de mourir : une merveilleuse communion avec lui et, en même temps, un potentiel infini de communion avec les autres.

Inséparablement.

 

La nuit qu’il fut livré le Seigneur prit du pain,

En signe de sa mort le rompit de sa main,

Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne,

Afin de racheter tous mes frères humains.

 

Prière

Seigneur Jésus, notre Pain de Vie, vois combien nous peinons à être des hommes et des femmes d’Eucharistie. Tantôt nous négligeons ce cadeau comme s’il ne constituait qu’un détail liturgique dont nous pouvons aisément nous passer. Tantôt nous venons communier, mais avec une mentalité d’individualistes qui refusent de se laisser envoyer comme ferments de fraternité dans la pâte humaine. Accorde-nous assez de foi pour ressentir toujours plus le besoin de ta présence eucharistique, et aussi assez d’amour pour rayonner de cette présence au milieu de nos frères et sœurs, comme nous, en manque de Toi.

4. Jésus prie pour les siens

 

Jean 17

C’est pour eux que je prie… pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom… pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux.

 

En cet instant suprême, le cœur humain de Jésus bat au rythme de la Trinité. Il est tout déplié devant Dieu, en Fils bien-aimé qui s’abandonne dans les bras du Père au moment de traverser l’épreuve la plus terrible de sa vie.

 

Le plus merveilleux peut-être, c’est la place que nous prenons dans cette prière pourtant tournée exclusivement vers le Père. À chaque phrase, nous sommes là, dans le cœur et sur les lèvres du grand Priant. Jésus est obsédé par nous. Il sait que nous ne pourrons jamais être nous-mêmes selon le dessein du Père si nous ne connaissons pas le vrai Dieu et celui qu’il a envoyé. Il a conscience que ses disciples seront malmenés dans ce monde rebelle. Il comprend que l’unité des chrétiens sera toujours un énorme défi à relever. Toutes ces intentions l’habitent et le tourmentent. Elles creusent sa prière, elles enflamment son amour, elles font déborder son âme.

 

Père unis-nous tous,

Père unis-nous tous,

Que le monde croie en ton amour,

Père unis-nous tous !

 

Prière

Seigneur Jésus, le Priant par excellence, tu nous as tous inclus dans ta grande prière pour l’unité. Et tu continues de prier sans cesse pour nous dans le Royaume où tu sièges à la droite du Père. Ainsi donc, nous baignons dans ton intercession. Que serions-nous sans ton cœur toujours priant ? Notre respiration spirituelle est en toi. Béni sois-tu pour tant de sollicitude. C’est elle qui nous fait vivre, maintenant et pour toujours.

 

5. Jésus endure l’agonie

à Gethsémani

 

Matthieu 26,36-46

Mon âme est triste à en mourir Demeurez ici et veillez avec moi. Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. Levez-vous ! Allons !

 

Il était venu pour prier là-bas. Or le voici qui commence à ressentir angoisse et tristesse, à en mourir. Oui, une sorte de mort avant la mort.

 

Mon Père ! Le contact avec Dieu est maintenu, mais la prière devient une supplication ardente. Il n’en peut plus : Que cette coupe passe loin de moi ! Là est le véritable combat, entre son humanité qui crie misère et ce désir d’accomplir sa mission, quoi qu’il lui en coûte. Il ne faut pas banaliser cet écartèlement de sa conscience qui va jusqu’à labourer son corps. La victoire est au terme d’une longue bataille intérieure : Non pas comme je veux ; mais comme tu veux.

 

Et pendant ce temps les disciples dorment. Jésus les avait invités à veiller et à prier : ils sont assoupis. « Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde. Il ne faut pas dormir pendant ce temps-là », écrit Pascal. Et nous continuons de sommeiller.

 

Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté,

Qu’il me soit fait selon ta Parole

 

Prière

Seigneur en agonie jusqu’à la fin du monde, pardonne-nous nos sommeils d’indifférence et de lâcheté. Si souvent, nous trouvons des excuses pour ne pas entendre et ne pas voir. Ou alors pour ne pas répondre, ne pas réagir. Parle plus fort, réveille-nous. Touche notre conscience et brûle notre cœur afin que nous retrouvions les chemins d’une prière qui soulève le monde. Et mets-nous au travail, avec tous les hommes de bonne volonté, afin d’essuyer toute larme et toute goutte de sang qui rongent le visage des souffrants de notre terre. Alors nous serons vraiment tes disciples parce que nous aurons reconnu ta sainte face sous les traits de tous nos frères et sœurs créés à ton image, jusque dans leur agonie, jusque dans leur mort.

6. Jésus est trahi par les siens

 

Matthieu 26, 47-56

Salut, Rabbi ! Et Judas lui donna un baiser Pierre, rengaine ton glaive. Car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Alors les disciples l’abandonnèrent tous et prirent la fuite.

 

Dans son cœur et dans son esprit, Jésus a déjà tout donné. Sous les signes du pain et du vin, il avait par avance offert son corps et versé son sang, autrement dit il s’était immolé lui-même, librement. Dans le jardin de l’agonie, il s’était abandonné entièrement dans les mains du Père. Tout est donc prêt pour le sacrifice.

 

Tout va se dérouler dans le registre de l’amitié, mais avec quelle distorsion ! Pour Judas, c est un baiser, le signe physique de l’affection. Résultat : la trahison. Pour Jésus, c’est toujours la même parole, fidèle et tendre : Mon ami. Le geste de Judas devient une caricature, la parole de Jésus reste dans la lumière. Plus qu’un contraste, une contradiction qui déchire le cœur sensible du Fils de l’Homme.

 

Un autre ami va surgir. Révolté par ce spectacle d’injustice, il va tirer son épée pour résister par la violence et venger l’innocent maltraité. Mais Jésus ne veut pas de cette amitié-là, qui multiplie les dégâts en voulant réparer les dommages. L’amour de Jésus se situe à un tout autre niveau. Il est fait de douceur, il distille le pardon, il coule en miséricorde.

 

Ô Dieu saint, ô Dieu fort,

Ô Dieu, immortel, aie pitié de nous.

Nous avons péché contre le ciel et contre toi

Et comme le prodigue nous te supplions,

En ton pardon, accueille-nous.

 

Prière

Seigneur Jésus, trahi et livré par l’un des tiens, regarde avec tendresse celles et ceux qui passent aussi par là, dans les expériences d’amitié ou d’amour trahi. Nous avons toujours tellement de peine à pardonner et à recommencer le voyage de la fidélité. Que ton Esprit visite de son feu ceux qui ont trahi et ceux qui ont été victimes de la trahison. Que chacun, là où il est et là où il en est, trouve la force de demander ou d’offrir le pardon, d’un cœur libéré et sincère. Alors, par ta grâce, l’amour qui fait vivre ressuscitera au milieu de nous.

7. Jésus est renié par Pierre

 

Luc 22, 54-62

Femme, je ne le connais pas. Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et sortant dehors, Pierre pleura amèrement.

 

Jésus n’était pas encore au bout de ses déceptions avec ses amis. Pierre lui avait dit : Même s’il faut que je meure avec toi, non, je ne te renierai pas (Mc 14, 31). Et le voici qui succombe à son tour : Je ne connais pas cet homme.

 

Nous sommes tellement coutumiers de ces reculades et de ces dérobades. Pour moins que cela, il nous arrive de renoncer à nos engagements, d’être sourds aux appels de nos frères en détresse, de promettre sans nous compromettre.

 

Jésus fait demi-tour pour fixer Pierre dans les yeux et planter en silence dans ce cœur qui vient de le renier un puissant rayon de sa miséricorde. Ces regards croisés, pénétrés de douleur et de tendresse, vont provoquer une merveille. Sans un mot, Jésus a tout dit à Pierre. Et celui-ci a tout compris.

 

Ses pleurs le baptisent. Il est triste de sa faute. Il est surtout heureux du pardon déjà reçu parce que toujours offert. Dieu nous aime le premier, quoi qu’il nous arrive. Et nos deuils se changent en danses (cf. Ps 30, 12).

 

Je ne fais pas le bien que je voudrais,

Je fais souvent le mal qui te déplaît,

Mais j'ai confiance et je viens vers toi sans peur,

Car ton amour est plus grand que mon coeur.

 

Prière

Seigneur Jésus, renié par le chef de tes apôtres, tu connais nos misères et tu comprends nos faiblesses. Ton cœur saigne quand nous nous détournons de toi. Mais ton amour est tellement plus fort que notre péché. Sans cesse, tu tournes vers nous ton regard de tendresse, comme tu le fis pour Pierre. Épargne-nous l’erreur de croire que nous sommes trop mauvais pour que tu puisses encore nous aimer. Imprime en nous cette parole de l’apôtre Jean : Si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses (1 Jn 3, 20). Et sous les yeux de ta miséricorde, nous aussi, nous pleurerons de joie.

 

8. Jésus subit

toutes sortes d’outrages

 

Matthieu 26, 67-68 et 27, 26-31

Ils lui crachèrent au visage et le giflèrent. L’ayant dévêtu, ils lui mirent un manteau écarlate. Puis, ayant tressé une couronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête. Crachant sur lui, ils prenaient le roseau et en frappaient sa tête.

 

Une fois entre les mains de ses bourreaux, Jésus n’est plus qu’un jouet à la merci de leurs fantasmes les plus cruels. Son corps va y passer tout entier. Mais c’est surtout son visage qui subit les plus ignobles humiliations, cette face sur laquelle rayonne la gloire de Dieu (cf. 2 Co 4, 6). Crachats, gifles, coups de poing, tout est bon pour abîmer celui qui nous a dit. Qui m’a vu a vu le Père (Jn 14, 9). C’est l’exact contraire de la Transfiguration. Sur la haute montagne, son visage devint resplendissant comme le soleil (Mt 17, 2). Ici, il n’a plus forme humaine, et pourtant c’est toujours lui, le resplendissement de la gloire de Dieu, l’effigie de sa substance (He 1, 3).

 

Jésus a accepté de passer par là, dans une souffrance indicible - de corps et de cœur -, mais sans jamais cesser d’aimer avec tendresse, y compris ceux qui le faisaient souffrir. Voilà le vrai Dieu, celui qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 16). Voilà le Fils de ce Dieu-là, celui qui a pu dire : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23, 34).

 

C’est par tes souffrances, Seigneur,

que nous sommes sauvés.

Lui qui, insulté, ne rendit pas l’insulte,

Maltraité ne fit pas de menace,

S’en remettant à celui qui juge avec justice.

 

Prière

Seigneur Jésus couvert d’outrages, nous n’osons pas te regarder en face, tellement nous paraît insupportable le spectacle de ton corps labouré par nos mauvais coups. Nous préférons détourner ou fermer les yeux pour ne pas voir., Mais alors c’est ta parole qui retentit dans notre silence, et au fond de notre cœur ton Esprit nous répète toujours la même chose : C’est par ses blessures que nous sommes guéris (Is 53, 5). Puisque nous sommes complices de ta Passion, puisque ton amour est plus fort que notre péché, donne-nous d’avoir part, nous aussi, aux fruits de ta Rédemption.

9. Jésus est jugé

et condamné à mort

 

Jean 18,28-19,16a

Mon royaume n’est pas de ce monde. Pilate leur dit : Voici l’homme ! Il dit aux Juifs : Voici votre roi Eux vociférèrent en disant : A mort ! À mort ! Crucifie-le ! Alors Pilate le leur livra pour être crucifié.

 

Comme Caïphe en son temps, Pilate a été prophète durant le procès de Jésus lorsqu’il déclara en présentant le Christ couronné d’épines et revêtu d’un manteau de pourpre : Voici l’homme ! (Jn 19, 5).

 

Oui, voici l’homme, tant d’hommes à travers l’espace et le temps, tant de victimes innocentes qui, à l’instar de Jésus, ont été arrêtées, jugées, torturées et mises à mort. L’histoire, notre tragique histoire, regorge de ces procès iniques au cours desquels des hommes et des femmes magnifiques ont été traînés dans la boue et le sang pour des raisons idéologiques, politiques, racistes ou nationalistes.

 

Voici l’homme ! Mais aussi : voici Dieu ! Depuis la venue de Jésus en notre monde, c’est aussi Dieu lui-même qui est sans cesse mis en accusation et exclu dans nos cœurs et dans nos institutions. Dieu n’en finira jamais d’être remis en question et souvent condamné dans le grand procès de l’Histoire.

 

Adorons le corps très saint du Christ

l’Agneau de Dieu,

Le corps très saint de celui qui s’est livré

pour notre salut.

 

Prière

Seigneur Jésus, te voilà condamné à mort, toi le seul innocent, le seul juste. Tu as pris sur toi toutes les injustices de l’Histoire, y compris les nôtres aujourd’hui. Et tu les as assumées car elles constituent le poids de ta croix.

 

Donne-nous le courage de porter, nous aussi, les croix d’injustices que nous pouvons éprouver, sans désir de vengeance, mais avec la force de dire comme toi à la face de ceux qui font souffrir les innocents : Si j’ai mal parlé, montre en quoi ; si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? (Jn 18, 23).

10. Jésus est soutenu

par Simon de Cyrène

 

Luc 23, 26

Ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs. Ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus.

 

Enfin un geste de compassion ! Au départ, il était plutôt forcé puisque Simon fut réquisitionné. N’empêche qu’il a bel et bien porté la croix de Jésus derrière le condamné à mort épuisé et chancelant.

 

Jésus, le Fils du Très-Haut, a été secouru par un paysan revenant des champs, qui a bien voulu alléger le poids de son supplice. Il a apprécié le soulagement procuré par ce passant compatissant. Jésus n’aurait pu accomplir sa mission jusqu’au bout sans la collaboration de Simon. Dieu a eu besoin d’un homme.

 

Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ, écrivait l’apôtre Paul aux chrétiens de Galatie (Ga 6, 2).

 

Sur la route qui le menait vers la mort, Jésus ne s’est pas senti humilié de devoir recourir au soutien d’un autre. Par sa victoire de Pâques, c’est lui maintenant qui, sans nous humilier, devient le Simon de Cyrène de chacun de nous. Jusque dans sa chair, il sait ce que signifie chanceler, tomber, peiner à se relever.

 

Où sont amour et charité,

Dieu lui-même est présent,

Car l’amour est de Dieu,

Car Dieu est amour.

 

Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit

Ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas;

Voilà le commandement que nous avons reçu de lui,

Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

 

Prière

Seigneur Jésus, tu as été si faible sur le chemin du Golgotha que tu as eu besoin d’être aidé par Simon de Cyrène. Quand il nous arrive d’éprouver la maladie physique ou morale, donne-nous de savoir imiter ton humilité en sollicitant l’aide de nos frères et sœurs. Accorde-nous aussi la joie d’aller secourir ceux et celles qui peinent autour de nous, avec compassion et respect, sans jamais les humilier. Et fais que nous sachions toujours t’appeler à notre secours dans la prière, toi qui es notre meilleur ami, dans les bons comme dans les mauvais jours.

11. Jésus rencontre

les filles de Jérusalem

 

Luc 23, 27-31

Des femmes se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants.

 

Dans la grande multitude du peuple, voici qu’émergent des femmes qui n’ont pas peur de faire entendre une autre voix. Les filles de Jérusalem sont le symbole du peuple de la nouvelle alliance, l’Église. Tous les chrétiens peuvent se reconnaître en elles dans la mesure où ils suivent le même chemin que le Seigneur Jésus.

 

Immergés dans la masse des indifférents ou des hostiles, surtout à l’heure de la sécularisation forcenée, ils savent que leur fidélité exige souvent le courage d’une pensée, d’une parole et d’un comportement non conformistes. De plus en plus, les chrétiens sont perçus comme des originaux, des bizarres, des non-corrects. Ils ne suivent pas les idéologies et les pratiques à la mode. Leur modèle, c’est Jésus, et non pas les vedettes au goût du jour. Leur charte de vie, c’est l’Évangile, et non pas les slogans des innombrables publicités. Sans mépriser ni rejeter la société, ils savent qu’ils sont dans le monde sans être du monde (cf. Jn 17, 14-18), comme ces filles de Jérusalem qui suivaient Jésus au milieu d’une grande foule.

 

Changez vos coeurs,

croyez à la Bonne Nouvelle,

Changez vos coeurs,

croyez que Dieu vous aime.

Je ne viens pas pour condamner le monde,

Je viens pour que le monde soit sauvé.

 

 

Prière

Seigneur Jésus, regarde le peuple des chrétiens qui forment souvent un tout petit troupeau au sein de notre société sécularisée. Comme les femmes de Jérusalem, ils se sentent perdus dans ces foules ballottées à tous vents de doctrines et de conduites. Que ton Esprit les rassemble dans des communautés fidèles et chaleureuses afin qu’ils puissent persévérer dans la foi. Qu’Il les envoie aussi dans ce monde tel qu’il est. Alors ils seront vraiment le ferment qui fait lever toute la pâte humaine.

 

12. Jésus ouvre le Royaume

à un bandit

 

Luc 23, 32. 39-43

L’un des malfaiteurs l’injuriait : N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. Mais l’autre déclara : ... Pour nous, c’est justice… Mais lui n’a rien fait de mal. Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton royaume. Jésus lui dit : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis.

 

Quelle prière, l’une des plus belles qui soient dans l’Évangile : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras avec ton royaume ! La prière que chacun de nous voudrait prononcer au moment de sa mort. Mais il y a plus beau que cet appel déchirant. C’est la réponse de Jésus : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

 

Aujourd’hui. Car l’amour du Christ nous presse (2 Co 5, 14), il ne souffre d’aucun retard. Il est total et gratuit.

 

Avec moi. Car l’amour est une compagnie, une relation. Dépouillé de tout, dans sa suprême pauvreté, Jésus n’a rien d’autre à offrir que lui-même.

 

Dans le paradis. Car l’amour est toujours un bonheur. Même sur une croix, lorsque le partage s’opère entre deux amis réconciliés, l’un qui présente sa misère, l’autre qui offre sa miséricorde. Il peut donc y avoir des paradis, sur la terre comme au ciel.

 

Je veux voir Dieu, le voir de mes yeux,

Joie sans fin des bienheureux,

Je veux voir Dieu !

 

Prière

Seigneur Jésus, tu as voulu faire l’expérience de pardonner à l’extrême limite de la vie, à l’instant même de la mort. Tu nous montres par là qu’il ne faut jamais désespérer de la charité de Dieu, ni pour soi ni pour les autres, car ta miséricorde peut éclater même au dernier moment. Nous te rendons grâces pour ce geste et ces paroles de tendresse qui nous permettent de toujours compter sur ton amour plus fort que la mort, que toutes les morts.

 

13. Jésus, Marie et Jean

 

Jean 19, 25-27

Près de la croix de Jésus se tenait sa mère… Jésus, voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère.. Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui.

 

Il y a plusieurs manières de lire cet épisode singulier du récit de la Passion.

 

La mère et l’ami. Au pied de la croix de Jésus se tiennent celle et celui qui ne l’ont jamais abandonné. C’est la fidélité de l’affection. Quant à l’ami, il fait partie de la famille puisqu’il prend la mère chez lui. Aimer le Christ « de tout son cœur », c’est devenir l’un des siens. Y compris au pied de la croix.

 

Marie comblée de grâces et l’apôtre. Les deux ailes de la vie de l’Église sont représentées : la sainteté de type marial et les ministères apostoliques. Jésus unit sous son regard fraternel les grandeurs de sainteté et les valeurs des divers services ecclésiaux.

 

L’homme et la femme. Le couple homme-femme, dans une alliance mystique qui les donne l’un à l’autre pour et par l’amour de Jésus, reprend le projet de la création à un niveau plus profond.

 

Il reste la mention du disciple. Marie et le disciple bien-aimé nous représentent tous, mais ils demeurent des modèles indépassables pour celles et ceux qui veulent suivre Jésus pour de bon.

 

Je te prends chez moi, Marie, ma mère,

Car par la Passion de ton Fils,

Ton coeur par l’épée est transpercé,

Cieur plein de grâces.

 

Marie, reine de l’univers,

Marie, mère du rédempteur.

 

Prière

Seigneur Jésus, au pied de ta croix, tu as donné rendez-vous à ton Église dans ses plus humbles commencements. Tes disciples forment un peuple apostolique et marial. Tous sont appelés à la sainteté, à travers la pureté sans faille ou à travers le péché pardonné, tous enfants de la même grâce crucifiée. Donne-nous de toujours « faire Église » dans cet esprit reconnaissant et fraternel puisque nous sommes ta famille, à égalité d’amour et de salut.

14. Jésus meurt sur la croix

 

Marc 15, 33-37, Luc 23, 46 et Jean 19, 28-30

Jésus cria d’une voix forte : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Il dit : J’ai soif ! Quand il eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli.

Ayant poussé un cri, Jésus dit : Père, en tes mains je remets mon esprit. Ayant incliné la tête, il rendit l’esprit.

 

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Ce cri du psaume 22, Jésus l’a exprimé pour de bon. Il n’a pas fait semblant de perdre pied dans la souffrance. L’homme déchiré dans son corps et dans son esprit a hurlé cette question essentielle vers Dieu : pourquoi ? Plus encore : pourquoi cet abandon ?

 

J’ai soif ! Deux mots presque banals quand on imagine par quelles épreuves a passé Jésus. Pour l’évangéliste, il s’agit de montrer que le Messie accomplit les annonces de l’Écriture concernant les persécutions du Juste. Mais pour nous aujourd’hui, comment résonne l’aveu de cette soif ? Jésus a soif de nous. Allons-nous lui donner, nous aussi, du vinaigre ? Ou l’eau fraîche de notre foi et de notre amour ?

 

Père, en tes mains je remets mon esprit. Au moment d’expirer, Jésus a retrouvé le mot juste. Ou plutôt il a redécouvert le cœur de Dieu en qui il se jette éperdument. Et il peut redire de toute sa confiance filiale, avec une infinie tendresse : Père. D’une voix forte, avant le grand silence.

 

Nous chantons la Croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers,

Comme un signe éclatant,

de la gloire de notre Dieu.

 

Prière

Seigneur Jésus mort sur la croix pour nous, nous ne pouvons que faire silence et adorer en te contemplant sur ce bois. Tes souffrances sont finies. Tu reposes maintenant dans les bras de ta mère. Ton amour veille dans le secret, car lui est bien vivant. Le cœur de Dieu ne peut cesser de battre. Tu vas bientôt surgir de la mort, Seigneur. Avec celles et ceux qui croient en toi, nous t’attendons.

 

15. Jésus est transpercé

par la lance

 

Jean 19,31-37

L’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté. Il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage… pour que, vous aussi, vous croyiez. Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.

 

Le sang qui coule du cœur de Jésus crucifié, c’est la vie éternelle dans laquelle il veut nous faire entrer. L’eau, c’est le symbole de l’Esprit dont il veut abreuver les croyants, de sorte que des fleuves d’eau vive coulent aussi du cœur des baptisés. Plus encore. Dans cette eau et ce sang, il y a une mention claire des deux principaux sacrements qui irriguent la vie de l’Église : le baptême et l’Eucharistie, tous deux orientés vers la vie éternelle commencée dès ici-bas.

 

Dès lors, la transfixion de Jésus, pour le quatrième évangéliste, est l’événement d’une naissance greffée sur la mort du Seigneur. Du cœur ouvert de Jésus sort le peuple de la nouvelle alliance scellée dans le sang versé pour le salut du monde. Comme Eve fut issue jadis du côté ouvert d’Adam endormi, ainsi l’Église naît-elle du sacrifice de Jésus qui a donné sa vie pour son Épouse bien-aimée en la sanctifiant par l’eau et la Parole (cf. Ep 5, 25-26).

 

Par le don de l’Esprit, par la célébration des sacrements, par notre participation à la vie de l’Église, nous demeurons dans ce cœur sacré, toujours ouvert sur le monde. Notre misère elle-même est désormais accueillie dans ce cœur. On appelle cela la miséricorde.

 

Nous te rendons grâce pour tant de tendresse

Tu donnes l’eau vive, par ton coeur transpercé,

Nous te bénissons pour tant de merveilles,

Tu donnes la vie, tuu donnes l’Esprit.

 

Prière

Seigneur Jésus, tu as permis que ton cœur soit transpercé par la lance du soldat afin de manifester ton amour même après ta mort. Nous comprenons maintenant que notre vie sort de ton sacrifice, que nous sommes les enfants de ta miséricorde. Donne-nous ton Esprit en abondance afin que, dans la foi, nous célébrions sans cesse le mémorial de ta mort pour recueillir avec reconnaissance dans l’Église les bienfaits de ta Résurrection.

16. Jésus est mis au tombeau

 

Matthieu 27,57-66

Joseph prit le corps de Jésus, le roula dans un linceul propre et le mit dans un tombeau neuf. Il y avait là Marie de Magdala et l’autre Marie, assise en face du sépulcre. Ils s’assurèrent du sépulcre, en scellant la pierre et en postant une garde.

 

Le Fils éternel de Dieu, fait chair au milieu de nous, n’a pas feint de mourir. Vrai homme - tout en étant vrai Dieu -, il a épousé notre condition humaine en toute son épaisseur chamelle. Il a enduré une mort comme les nôtres, et sans doute pire encore. Il a été mis au tombeau. À l’entrée de son caveau, on a roulé une lourde pierre. Le Messie de Nazareth ? Mort et enterré. Point final.

 

La sépulture de Jésus est l’envers de sa Résurrection. Il fallait qu’il soit vraiment mort et régulièrement enseveli pour que la Pâque déploie tous ses effets avec autant de réalisme que la mise au tombeau.

 

Pour le moment, les rares disciples encore croyants veillent dans l’espérance et la prière. Ils se sentent bien seuls, mais c’est eux qui ont raison, selon la prophétie du psaume 16 : Tu ne peux abandonner mon âme au shéol, tu ne peux laisser ton ami voir la fosse. Celles et ceux qui misent sur la vie, même devant un tombeau qui se referme, ont seulement une Pâque d’avance. Ils ont compris la leçon de Jésus : la mort n’est qu’un passage vers la vraie vie.

 

Grain de blé qui tombe en terre,

si tu ne meurs pas,

Tu resteras solitaire,

Ne germera pas.

 

Qui à Jésus s’abandonne, trouvera la vie,

Heureux l’homme qui se donne,

Il sera béni.

 

Prière

Seigneur Jésus, nous voulons nous mêler au petit groupe de tes derniers fidèles pour entourer ton corps de respect, car il est le signe tangible que tu nous as aimés jusqu’au bout. Nous voulons surtout recueillir de ton Esprit le courage d’espérer encore, malgré la victoire apparente de la mort. Oui, nous le croyons : ta vie, en nous comme en toi, aura toujours le dernier mot, celui de l’éternité bienheureuse dans la maison du Père où tu nous attends.

 

17. Jésus est ressuscité

d’entre les morts

 

Marc 16,1-8

Ne vous effrayez pas. C’est Jésus de Nazareth que vous cherchez, le Crucifié. Il est ressuscité, il n’est pas ici. Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée.

 

Un messager surgit, qui annonce la bonne nouvelle de Pâques, à la fois désirée et inattendue. Un peu comme l’Église ne cesse de la répéter dans un monde qui doute et pourtant ne peut s’empêcher de se sentir attiré par cette lumière matinale.

 

Personne ne peut faire l’économie de la foi, ce grand saut dans la confiance à cause de Jésus ressuscité. Pas même les témoins oculaires qui ont reconnu le Ressuscité. A fortiori, nous non plus, qui cheminons dans la foi, non dans la claire vision (2 Co 5, 7).

 

L’important n’est-il pas ailleurs ? Le Christ ressuscité envoie toujours celles et ceux qu’Il rencontre. Vers les autres, vers ailleurs, vers l’avenir. Car il faut que l’évangile de Pâques gagne le monde entier. Il est vital que tous le sachent et y croient : le Christ Jésus était mort, mais il est désormais vivant pour toujours. Pas comme un privilégié unique - une sorte de super égoïste - mais comme l’aîné d’une multitude de frères (Rm 8, 29). Et ces frères, enfants de la résurrection (Lc 20, 36), c’est nous.

 

Il est vraiment ressuscité,

Pourquoi chercher parmi les morts ?

Il est vivant comme il l’a promis,

Alleluia !

 

 

Prière

Seigneur Jésus, vainqueur de la mort, du péché et de tout mal dans le mystère de ta glorieuse Résurrection, affermis notre foi en la puissance de vie qui jaillit de ta Pâque. Ouvre nos cœurs afin qu’ils accueillent cette vie avec une joyeuse reconnaissance, de sorte que nous puissions la faire désirer et pressentir à tous ceux que nous rencontrons sur les chemins de notre histoire.

 

18. Jésus ressuscité

se manifeste aux croyants

 

Luc 24,13-35

Jésus en personne s’approcha et il faisait route avec eux. Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? Il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Comme il était à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin ?

 

Jésus a marché longtemps aux côtés de ces deux hommes désespérés avant de se révéler à eux en suscitant leur foi. Comme un anonyme plein de délicatesse et de curiosité, il s’est mêlé à leur conversation ordinaire, plus enclin à poser des questions qu’à asséner des affirmations. Il fallait d’abord laisser rayonner l’amitié. Puis la catéchèse est venue, à son heure, comme une tentative de révélation à partir des expériences religieuses déjà accomplies, sans oublier le passage par l’explication des Écritures et l’appel à la conversion. Sans succès. Le meilleur des catéchistes Jésus ressuscité - n’a pas fait le forcing. Avec humour, il fit semblant d’aller plus loin.

 

Alors les événements se précipitent, dans un climat chaleureux au goût d’Eucharistie : il entra pour rester avec eux… il prit le pain et le leur donna… ils le reconnurent. En résumé, c’est là toute l’expérience chrétienne, depuis la fraternité sur la route jusqu’à la fraction du pain en passant par l’annonce de la parole et la prière jaillie du dedans. Sans oublier l’incontournable envoi en mission.

 

Pain rompu pr un monde nouveau,

Gloire à toi Jésus-Christ,

Pain de Dieu, viens ouvrir nos tombeaux,

Fais-nous vivre de l'Esprit

 

Prière

Seigneur Jésus, toi le compagnon de route et le convive d’Emmaüs, tu ne cesses de réitérer pour nous tes signes pascals à travers le ministère de l’Église. Que ton Esprit de feu allume en nous des cœurs brûlants. Que nous sachions te reconnaître à la fraction du pain pour te faire connaître toujours mieux à ceux qui marchent auprès de nous sans savoir encore que tu les aimes.

 

19. Jésus envoie ses disciples

en mission

 

Matthieu 28, 16-20

Quand ils virent Jésus, ils se prosternèrent. D’aucuns cependant doutèrent. S’avançant, Jésus leur dit ces paroles Allez donc, de toutes les nations faites des disciples. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde.

 

Les apôtres d’aujourd’hui, c’est nous. Parce que le Seigneur est ressuscité, il continue d’envoyer de nouveaux disciples. Toujours avec la même responsabilité d’évangélisation. Mais aussi toujours avec la même promesse : Moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles.

 

Appuyés sur cet engagement du Seigneur à notre égard, nous ne pouvons que nous laisser propulser dans notre société, en témoins de la Bonne Nouvelle. Humblement, certes, mais aussi sans crainte. Nos familles, nos milieux de travail et de loisirs, les mondes complexes de la politique, de l’économie et de l’écologie attendent des ferments qui fassent lever toute la pâte humaine.

 

Écoutez, chrétiens : Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde (Mt 5, 13 et 14).

 

Allez dans le monde entier,

de tous les peuples faites des disciples,

Alleluia, Amen

 

 

Prière

Seigneur Jésus, Maître de l’Évangile, tu n’as pas hésité à nous confier ta parole et tes mystères pour que nous les proposions sans cesse à nos contemporains. Malgré nos faiblesses et nos doutes, nous osons nous mettre à ta disposition afin que la lumière de ta vérité et le feu de ton amour continuent d’éclairer et de réchauffer notre monde. Regarde notre bonne volonté et, surtout, mets à l’œuvre la puissance de ton Esprit. Que ton Église soit toujours plus fidèle à sa mission d’évangélisation et de témoignage.

 

 

20. Jésus est emporté au ciel

 

Luc 24, 50-53

Levant les mains, Jésus les bénit. Comme il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Ils retournèrent à Jérusalem en grande joie.

 

Désormais le programme de Jésus ressuscité consiste pour lui à se manifester n’importe où et n’importe quand, partout où des croyants sont réunis en son nom. Il doit donc se retirer du monde immédiatement sensible pour permettre à sa présence de devenir « sacramentelle », autrement dit révélée par des signes qui puissent être célébrés sans les limitations de l’espace et du temps. Jésus s’efface, non pas dans l’absence, mais pour une autre forme de présence, qui ne soit plus restreinte mais universelle. Nous avons tous à y gagner. C’est le temps de l’Église à travers laquelle le Christ continue de se manifester partout, réellement mais autrement.

 

Et puis Jésus nous a fait cette promesse : Je ne vous laisserai pas orphelins. Désormais, en effet c’est l’Esprit Saint qui est le Maître de l’Histoire et le Défenseur des chrétiens. L’Esprit ne remplace pas Jésus puisqu’il vient rappeler et ranimer tout ce qu’il a dit et fait (cf. Jn 16, 13-15). Mais il est le nouveau « patron » de nos vies, celui que Jésus ressuscité ne cesse de nous envoyer de la part du Père afin que nous soyons accompagnés et guidés sur les multiples chemins de l’Histoire.

 

Alleluia le Seigneur règne,

alleluia il est vainqueur,

alelluia le Seigneur règne,

chante alleluia au Seigneur

 

Prière

Seigneur Jésus, nous sommes souvent comme tes apôtres, un peu perdus, scrutant le ciel où tu sembles avoir disparu. Et nous tombons dans une nostalgie morose. En réalité, tu nous donnes rendez-vous en plein monde, là où ton Esprit nous guide et nous soutient là où nos frères et sœurs humains attendent des témoins de ton Évangile libérateur. Accorde-nous la grâce de bien accomplir notre mission sur cette terre en attendant de te retrouver dans la gloire du ciel.

21. L’Esprit Saint

est donné à l’Église

 

Actes des Apôtres 2

Tous furent remplis de l’Esprit Saint. C’est bien ce qu’a dit le prophète : je répandrai de mon Esprit sur toute chair Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié.

 

Quelle folle aventure a commencé ce matin de Pentecôte à Jérusalem ! Nous sommes encore les allumés par ce feu, nous sommes encore les secoués par ce vent. L’Esprit est toujours à l’œuvre, heureusement. La Pentecôte continue.

 

Il y eut l’Église de Marie et des apôtres, avec les disciples - hommes et femmes - qui ont connu Jésus. Il y eut aussi Paul, le fougueux missionnaire auprès des païens. Et tant de martyrs qui ont scellé dans leur sang leur fidélité au Christ.

 

Et il y a l’Église d’aujourd’hui, dans le feu et le souffle de ce même Esprit. L’Église du Concile Vatican II, celle du peuple de Dieu en marche, de la présence au monde, de l’œcuménisme, du dialogue interreligieux, de l’engagement pour la justice, la paix et la sauvegarde de la création. Et aussi celle des renouveaux dans l’Esprit des communautés nouvelles, des chemins inédits pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ pascal.

 

Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir (Ga 5, 25).

 

L’Esprit Saint qui nous est donné,

Fait de nous tous des fils de Dieu

Appelés à la liberté,

Glorifions Dieu par notre vie.

 

Prière

Esprit de Pentecôte, force des apôtres et courage des martyrs, continue de guider l’Église sur les chemins de notre temps. Toi qui es Amour et Liberté en personne, donne-nous la grâce d’éprouver tes multiples bienfaits dans l’Église. Et accorde-nous aussi la joie de savoir les reconnaître hors des sentiers battus, partout où tu souffles le vent de la solidarité, de la justice et de la paix. Alors le monde et l’Église pourront s’unir un jour dans une même louange à la gloire du Père, dans la joie du Christ ressuscité.