Chemin de Croix
Chemin de Vie, chemin d’Amour
selon l’Évangile de Jean
Jules Beaulac
Monition d’ouverture
Le chemin de croix que nous allons parcourir ensemble nous
rappelle les événements qui ont conduit Jésus à sa
mort en croix, cette mort que nous célébrons chaque année
le Vendredi saint.
Ces événements, l’Apôtre saint
Jean les a décrits en son évangile. C’est son récit
qui va nous servir de guide pour notre chemin de la croix. Nous ne ferons donc
pas le chemin de croix traditionnel mais bien celui suggéré par
saint Jean.
Jean a été profondément marqué
par la souffrance de Jésus qu’il aimait par-dessus tout,
souffrance qui lui est venue principalement des mauvais traitements qu’il
a dû subir de la part de tant de gens. Douze des quatorze stations nous
le rappellent : elles seront représentées ici par les lampions
rouges que nous allumerons après chacune de ces stations. Deux stations
font exception toutefois et sont comme des éclairs de la tendresse du
Seigneur au milieu de sa nuit : Jésus se tourne du côté des
larrons crucifiés avec lui, puis du côté de Marie, sa
mère, et de Jean. Ces deux stations seront représentées
ici par les lampions blancs. L’évangéliste Jean nous
présente Jésus comme quelqu’un qui assume sa souffrance et
accepte sa croix, qui les domine même ; car il sait qu’elles seront
pour lui source de gloire et pour nous source de salut.
Disposons notre cœur à bien
célébrer ce chemin de la croix du Christ, qui est à bien
des égards celui de notre monde et de chacun et chacune de nous
également. Exprimons au Seigneur notre compassion face à ses
souffrances et disons-lui notre reconnaissance pour le salut qu’il nous
apporte par sa croix.
Prière d’ouverture
Père très saint, tu as envoyé ton Fils
unique sur la terre
pour que nous puissions vivre en plénitude.
Comme nous le chantons à la messe après la
consécration du pain et du vin,
Christ est venu, Christ a souffert, Christ est mort, Christ
est ressuscité.
Aujourd’hui, nous nous souvenons de sa passion et de
sa mort.
En rappelant les souffrances qu’il a endurées
par amour pour nous,
nous voulons te remercier du fond du cŒur de nous
l’avoir donné pour notre salut.
Nous voulons également trouver un sens à notre
propre souffrance
en nous associant à son chemin de croix.
Que cette démarche nous aide à pénétrer au coeur même de ce grand mystère d’amour. Amen.
1. Jésus est trahi par Judas
Jean 18, 1-5
Après le repas, Jésus sortit avec ses
disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un
jardin dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait,
connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus y avait souvent
réuni ses disciples. Judas prit donc avec lui un détachement de
soldats, et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les
pharisiens. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors
Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et
leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent :
« Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : «
C’est moi. » Judas, qui le livrait, était au milieu
d’eux.
Il nous est peut-être arrivé d’être
trahis par quelqu’un en qui nous avions mis toute notre confiance, par un
ami, par un parent peut-être. Il nous est peut-être arrivé
aussi de trahir nous-mêmes un être cher. Les circonstances de la
vie sont telles parfois que des choses arrivent et qu’ensuite on se
surprend qu’elles soient arrivées… Quelle douleur, et pour
la personne trahie, et pour la personne qui trahit !
Jésus avait choisi Judas dans son équipe
d’Apôtres : il était l’un de ses collaborateurs
immédiats. Et pourtant le cœur de Judas fut troublé par son
appétit exagéré de l’argent. Et il commit cette
bêtise… Jésus en a sûrement été
profondément blessé et Judas a sombré dans le
désespoir jusqu’au suicide…
Mais Jésus vient pour sauver tout le monde… y
compris Judas. Qui sait ? Sa miséricorde n’est-elle pas infinie ?
(Silence)
Ô Dieu saint, ô Dieu fort,
Ô Dieu, immortel, aie pitié de nous.
Nous avons péché contre le ciel et contre toi
Et comme le prodigue nous te supplions,
En ton pardon, accueille-nous.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour les personnes qui ne répondent pas à la
confiance qu’on met en elles, Seigneur, prends pitié.
Seigneur, prends pitié
- Pour les personnes qui placent leur désir de
posséder au-dessus des personnes à aimer, Seigneur, prends
pitié.
- Pour les personnes qui ont été trahies et
qui ont du mal à pardonner, Seigneur, prends pitié.
- Pour les personnes qui doutent de la capacité de
Dieu à leur pardonner, Seigneur, prends pitié.
Seigneur Jésus, ne regarde pas nos
péchés mais la foi de ton Église rassemblée ici
aujourd’hui et fais-nous le don de ta paix. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
2. Jésus est arrêté
Jean 18, 12
Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs, se
saisissent de Jésus et l’enchaînent.
Peut-être nous sommes-nous déjà fait
arrêter par un agent de la paix pour une infraction quelconque.
Peut-être avons-nous été emmenés au poste.
Peut-être même avons-nous subi l’humiliation des menottes et
avons-nous été mis en cellule… Peut-être connaissons-nous
des gens qui ont subi un tel sort… C’est toujours une
expérience éprouvante que de vivre une arrestation… surtout
quand on a la conviction de ne pas être coupable !
Jésus, innocent, est arrêté.
Jésus, seul au jardin, est arrêté par une multitude : des
soldats, un commandant et des gardes. C’est à croire qu’il
faisait peur ou qu’on ne voulait absolument pas le manquer ! Non
seulement il est arrêté, mais il est enchaîné…
comme un criminel dangereux.
Il refuse l’aide de Pierre qui a déjà
dégainé son épée. Il commence à boire la
coupe que son Père a préparée pour lui, nous dit saint
Jean. (Silence)
Mon Père je m'abandonne à toi,
Je mets ma vie entre tes mains,
Que ta volonté se fasse en moi,
Je ne désire rien d’autre mon Dieu.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour les personnes qui sont arrêtées
injustement et qui subissent l’humiliation et la violence, Seigneur, nous
te prions.
Seigneur, nous te prions
- Pour les personnes qui, dans notre monde, sont
arrêtées parce qu’elles défendent les petits et les
faibles, Seigneur, nous te prions.
- Pour les personnes qui arrêtent des innocents sans
se préoccuper de vérifier s’ils sont coupables ou non,
Seigneur, nous te prions.
- Pour les policiers et les agents de la paix qui ont la
tâche ingrate d’arrêter les coupables, Seigneur, nous te
prions.
- Pour les personnes qui prennent la défense des gens
arrêtés sans preuve et qui parfois ne sont pas
écoutées, et parfois même sont molestées, Seigneur,
nous te prions.
Seigneur Jésus, tu sais ce que c’est que
d’être privé de ta liberté, d’être
humilié et d’être enchaîné comme un criminel.
Nous te présentons toutes ces personnes qui, pour diverses raisons, sont
arrêtées et menottées, assurés qu’elles
trouveront en toi un accueil attentif et une compréhension
sincère. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
3. Jésus comparaît en cour
Jean 18, 13. 19. 24. 28. 33
Les soldats emmenèrent Jésus d’abord
chez Anne, beau-père de Caïphe… Anne le questionna sur ses
disciples et sur sa doctrine… Puis il l’envoya, toujours
enchaîné, au grand prêtre Caïphe. Ensuite, on
l’amène de chez Caïphe au palais du gouverneur. Pilate rentra
dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs
? »
Subir un procès ! Certaines personnes ont une peur
bleue de recevoir une assignation et d’être obligées de
comparaître devant un juge. Certaines autres sont conduites par la main
de la justice jusqu’en cour : elles partent souvent de la prison pour
s’y rendre, menottes aux mains et chaînes aux pieds. D’autres
encore adorent être en procès : elles vivent, pour ainsi dire,
d’un procès à l’autre et intentent des poursuites
pour tout et pour rien. En général, cependant, on n’aime
pas subir de procès, être soumis aux questions des avocats,
attendre un verdict, avoir son nom dans les journaux, sa figure à la
télévision…
Jésus, en plus d’être exposé
à la foule, a comparu devant plusieurs autorités : Anne,
Caïphe, Pilate. Ils se renvoyèrent la balle, embarrassés par
ce prévenu peu ordinaire. Devant Pilate, Jésus affirme clairement
sa royauté. Pilate ne trouve en lui rien qui puisse mériter une
condamnation. Mais il se défile… (silence)
Adorons le corps très saint du Christ
l’Agneau de Dieu,
Le corps très saint de celui qui s’est
livré
pour notre salut.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour les personnes qui sont traînées en cour,
afin qu’elles puissent bénéficier d’un procès
juste et équitable, Seigneur, écoute-nous, Seigneur, exauce-nous
Seigneur, écoute-nous ; Seigneur, exauce-nous
- Pour les personnes qui sont jugées au tribunal de
notre bonne conscience, afin que notre charité l’emporte sur notre
colère ou notre ignorance, Seigneur, écoute-nous…
- Pour les juges qui ont à se prononcer dans des
causes parfois difficiles, afin qu’ils agissent dans le respect des
personnes et de la vérité, Seigneur, écoute-nous…
- Pour les avocats et les défenseurs des petits et
des faibles, afin que la sauvegarde de la justice l’emporte sur la
poursuite de leurs intérêts, Seigneur, écoute-nous…
Seigneur Jésus, toi qui a été
cité à procès, que la passion de la vérité
et de la justice habite notre cŒur en tout temps. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
4. Jésus est renié par Pierre
Jean 18, 16-18. 25-27
Alors l’autre disciple (...) sortit, dit un mot à la jeune servante qui gardait la
porte et fit entrer Pierre. La servante dit alors à Pierre : «
N’es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là. ?
» Il répondit : « Non, je n’en suis pas ! » Les
serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils
avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était
avec eux, et se chauffait lui aussi. Simon-Pierre était donc en train de
se chauffer ; on lui dit : « N’es-tu pas un de ses disciples, toi
aussi ? » Il répondit : « Non, je n’en suis pas ! »
Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre
avait coupé l’oreille insista : « Est-ce que je ne
t’ai vu moi-même dans le jardin avec lui ? » À nouveau
Pierre le nia et au même moment le coq chanta.
Cela fait mal de ne pas être reconnu par des gens qui
normalement devraient nous reconnaître. Cela peut faire très mal
même quand, par exemple, c’est le fils qui ne reconnaît plus
ses parents, le croyant qui ne reconnaît plus son Église ou son
Dieu. Renier quelqu’un, c’est cela ; c’est dire : « Je
ne suis pas de ce pays, de cette race, de cette communauté, de cette
parenté, de ce groupe… » La personne reniée, surtout
si elle s’est dépensée pour l’autre, risque
d’être profondément blessée. Mais la personne qui
renie se blesse souvent elle-même. on sait que Pierre pleura après
son reniement.
Jésus avait tout donné à Pierre, il lui
avait l’ait confiance, il en avait fait son ami. Celui-ci, dans un moment
difficile, ne le reconnut pas à la face des autres. C’est humain,
cela se présente dans la vie parfois. Cela se pardonne aussi. (Silence)
Je ne fais pas le bien que je voudrais,
Je fais souvent le mal qui te déplaît,
Mais j'ai confiance et je viens vers toi sans peur,
Car ton amour est plus grand que mon cœur.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour la douleur des personnes qui sont ignorées par
les leurs, Seigneur, nous compatissons.
Seigneur, nous compatissons
- Pour la souffrance des personnes qui, par honte ou par
faiblesse, ne reconnaissent pas leurs parents, leurs amis, leurs bienfaiteurs,
Seigneur, nous compatissons.
- Pour la peine de l’Église qui voit tant de
ses enfants l’oublier et la méconnaître, Seigneur, nous
compatissons.
Seigneur Jésus, au cŒur de ta montée vers
la croix, tu as connu le reniement d’un être aimé ; tu lui
as pardonné sa faute et tu lui as fait confiance de nouveau. Merci,
Seigneur.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
5. Jésus est fouetté
Jean 19, 1
À lors Pilate ordonna d’emmener Jésus
pour le flageller.
Le fouet ! Autrefois, on réservait cette peine aux
personnes qui avaient commis des crimes particulièrement odieux. Outre
que c’est un châtiment fort douloureux, c’est aussi un
traitement très humiliant : on fouette les chevaux, on ne fouette pas
les humains.
On dénude le dos de Jésus, on l’attache
à une colonne et on le flagelle comme un criminel. En agissant ainsi,
Pilate pense calmer la foule qui vient de préférer Barabbas au
Fils de Dieu, au roi éternel, au témoin de la vérité.
Il montre ainsi le peu de cas qu’il fait de la personne humaine, il
affiche sa lâcheté et abuse de son pouvoir de gouverneur.
Jésus endure ce supplice en silence. (silence)
C’est par tes souffrances, Seigneur,
que nous sommes sauvés.
Lui qui, insulté, ne rendit pas l’insulte,
Maltraité ne fit pas de menace,
S’en remettant à celui qui juge avec justice.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour les personnes malades, infirmes, handicapées,
accidentées, qui souffrent dans leur corps, Seigneur, nous
t’offrons notre prière.
Seigneur, nous t’offrons notre prière
- Pour les personnes qu’on torture, qu’on
violente, qu’on blesse et qu’on tue par colère, par
vengeance ou par intérêt, Seigneur, nous t’offrons notre
prière.
- Pour les personnes qui abusent du corps des autres, qui
les traitent comme des objets, Seigneur, nous t’offrons notre
prière.
- Pour les personnes qui pensent avoir droit de vie et de
mort sur le corps des humains, Seigneur, nous t’offrons notre
prière.
- Pour nous tous, afin que nous ayons toujours un grand
respect du corps des vivants et des morts, Seigneur, nous t’offrons notre
prière.
Seigneur Jésus, alors que tu étais en pleine
santé et dans la force de l’âge, tu as connu ce que
c’est que d’avoir un corps blessé, affaibli, diminué.
Tu as connu également ce que c’est que d’être assailli
dans ton intégrité corporelle par la malice humaine.
Aujourd’hui encore des gens, ailleurs, mais ici également,
massacrent des vies humaines, violentent et tuent même des enfants, au
nom d’idéaux politiques, ethniques ou sectaires. Que nous prenions
conscience de plus en plus, à chaque jour, de la grande dignité
du corps humain, qu’il est le temple de ton Esprit, qu’il est
l’instrument merveilleux de notre communion à nos frères et
nos sŒurs de la terre et à Toi. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
6. Jésus est couronné d’épines
Jean 19, 2-3
Les soldats tressèrent une couronne avec des
épines, et la lui mirent sur la tête : puis ils le
revêtirent d’un manteau de pourpre. Ils s’avançaient
vers lui et ils disaient : « Honneur à toi, roi des Juifs !
» Et ils le giflaient.
La moquerie ! Voilà une forme particulièrement
insultante de manque de respect envers quelqu’un. On tourne les gens en
ridicule, on rit de leurs idées, on ne les prend pas au sérieux,
on les méprise même. En paroles et en actes. Si les moyens pour se
moquer de quelqu’un varient à l’infini, toujours la moquerie
tend à humilier la personne, à la réduire à rien,
à l’écraser.
Les soldats se moquent de Jésus qui s’est dit
roi. On lui met sur la tête une couronne, mais elle n’est pas en or
ni sertie de diamants, elle est faite d’épines qui
s’enfoncent dans son crâne et le blessent jusqu’au sang. Ils
lui mettent un manteau de pourpre sur le dos, mais c’est pour mieux rire
de lui. Et, suprême insulte, ils le giflent comme le dernier des
mécréants.
Jésus traverse ces humiliations sans dire un mot. Il
demeure grand et digne même au milieu des sarcasmes et des railleries. Il
sait que les difficultés qu’il éprouve le conduiront au
triomphe de sa croix. (Silence)
Jésus, Messie humilié,
nous rappelons ta mort sur une croix, Amen !
Prions ensemble le Seigneur
- Il y a des personnes qui font rire d’elles chaque
jour et qui sont régulièrement les souffre douleur des autres, ne
les abandonne pas, Seigneur.
Ne les abandonne pas, Seigneur
- Il y a des personnes qui ne sont jamais prises au
sérieux dans leurs idées et jamais comprises dans leurs
démarches, ne les abandonne pas, Seigneur.
- Il y a des personnes qui ont de l’idéal et
qui croient à la justesse de la cause qu’elles défendent et
qui risquent de se décourager parce qu’elles ne s’attirent
que des moqueries de la part de certains, ne les abandonne pas, Seigneur.
- Il y a des personnes qui se font frapper et violenter
à cause de leur engagement en faveur de la justice, de la paix,
d’un meilleur partage des biens de ce monde, ne les abandonne pas,
Seigneur.
Seigneur Jésus, apprends-nous à respecter les
gens qui n’ont pas les mêmes façons de penser et de vivre
que nous. Apprends-nous à rire avec eux et non pas d’eux. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
7. Jésus est condamné à mort
Jean 19, 14-16
C’était un vendredi, la veille de la
Pâque, vers midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Alors ils crièrent : « A mort ! À mort ! crucifie-le !
» Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les
chefs des prêtres répondirent : « Nous n’avons pas
d’autre roi que l’empereur. » Alors, il leur livra
Jésus pour qu’il soit crucifié, et ils se saisirent de lui.
On peut être condamné à mort par
maladie, par accident d’auto ou d’avion. On peut aussi, dans
certains pays, l’être par sentence judiciaire à cause de
délits particulièrement graves. Dans un cas comme dans
l’autre, l’issue est la même : on meurt. Nous sommes faits
pour vivre et non pas pour mourir. Et pourtant, un jour nous mourrons tous. En
un sens, dès notre naissance, nous sommes condamnés à
mourir.
Quand Pilate le livre aux autorités juives pour
qu’il soit crucifié, Jésus sait que son sort est
fixé : il va mourir. Que s’est-il passé dans son esprit ?
Sûrement, comme tout le monde, il a saisi en un éclair cette
redoutable perspective, il en a peut-être même frissonné.
Mais, en même temps, sachant que son Heure s’avançait et que
cette Heure, si elle était douloureuse, était en même temps
source de salut pour nous tous, il l’a affrontée avec courage et
détermination.
Tu es le pauvre Seigneur Jésus,
En toi la gloire éternelle de Dieu.
Prions ensemble le Seigneur
- Aux personnes qui se savent atteintes mortellement dans
leur corps, afin qu’elles gardent espoir malgré tout, Seigneur,
donne ton affection.
Seigneur, donne ton affection
- Aux personnes qui sont condamnées à mort par
un tribunal judiciaire, afin qu’elles trouvent compassion et consolation
au cœur de leur situation, Seigneur, donne ton affection.
- Aux personnes qui accompagnent les malades en phase
terminale, afin que leur présence réconforte et encourage,
Seigneur, donne ton affection.
- Aux médecins qui ont à annoncer aux grands
malades leur situation difficile, afin qu’ils le fassent dans le respect
de la vérité et des personnes, Seigneur, donne ton affection.
Seigneur Jésus, toi qui as été
condamné à mort, tu es en mesure de comprendre ce que vivent les
personnes qui apprennent qu’elles n’en ont plus pour longtemps
à vivre. Qu’elles sachent que tu les accompagnes en tout temps
mais particulièrement en ces temps d’épreuve. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
8. Jésus porte sa croix
Jean 19, 17
Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en
direction du lieu dit en hébreu : Golgotha (nom qui se traduit : «
Calvaire », c’est-à-dire : « Crâne »).
Qui de nous n’a pas une croix à porter ? Et
parfois plus d’une ! Croix de bois, croix de fer, croix de velours, croix
de crin, connue ou secrète ! Tous, nous subissons le poids de la
croix… dans notre corps, dans notre cœur, dans notre esprit, dans
nos relations avec les autres ! Difficulté de vivre, de se trouver du
travail, de s’aimer même ! Souffrance de ne pas être
meilleurs, de ne pas pouvoir pardonner, être pardonnés ou se
pardonner. La liste n’en finit plus de nos chemins de croix.
Jésus, nous dit l’évangéliste,
porte lui-même sa croix. Il ne la fuit pas, il l’assume. Il ne la
fait pas porter par les autres, il la prend sur ses propres épaules. Il
sait que sa croix porte son poids de souffrance mais aussi son poids de salut.
Et, résolument, il marche avec elle, sachant bien qu’elle collera
à sa personne jusqu’à sa mort, comme une compagne
fidèle et implacable.
O Croix sagesse suprême,
O croix de Jésus-Christ ! (bis)
Le Fils de Dieu lui-même
Jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême
O Croix de Jésus-Christ !
Prions ensemble le Seigneur
- Il y a des personnes qui ont du mal à accepter la
croix qui est la leur a chaque jour, Seigneur, marche avec elles.
Seigneur, marche avec elles
- Il y a des personnes qui ne l’ont rien pour
alléger le poids de leur croix, qui se laissent écraser
totalement par elles, tellement elles sont découragées, Seigneur,
marche avec elles.
- Il y a des personnes qui accompagnent avec bonté et
tendresse les souffrants sur leur chemin de croix, Seigneur, marche avec elles.
- Il y a des personnes qui, hélas, sont la cause de
lourdes croix pour les autres et qui auraient grand besoin de quelqu’un
pour les aider à changer leur cœur, Seigneur, marche avec elles.
Seigneur Jésus, apprends-nous à
reconnaître la croix dans notre vie comme une réalité
faisant partie de notre existence. Apprends-nous à tout faire pour
l’alléger chaque fois que c’est possible. Apprends-nous
aussi à aider les autres à porter leur propre croix.
Apprends-nous encore à découvrir de plus en plus que nos croix
unies à la tienne peuvent être porteuses de fruit de salut.
Apprends-nous enfin à garder l’espérance au milieu de nos
souffrances. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
9. Jésus est crucifié
Jean 19, 18
Là, ils le crucifièrent.
Être crucifié ! Nous nous figurons vaguement ce
que cette opération peut représenter ! Jésus est
dépouillé de ses vêtements, exposé nu aux gens,
étendu sur une croix, attaché, cloué à cette croix.
Souffrances du corps, humiliation de l’esprit, blessure de
l’âme ! Assimilé aux criminels de haut calibre à qui
on destinait ce châtiment. Jésus, l’innocent, accepte en
silence…
Nous avons nous aussi nos petites et grandes crucifixions.
Elles s’appellent un merci que nous ne recevons pas pour un service
rendu, des mots durs que nous recevons sans les avoir mérités,
des coups que nous donnons aussi sans raison. Car, s’il y a les
crucifiements que l’on subit, il y a aussi ceux que l’on inflige
aux autres. Dans un cas comme dans l’autre, cela nous fait mal mais
devrait aussi nous faire réfléchir… (Silence)
Mystère du Calvaire,
Scandale de la Croix :
Le maître de la terre
Esclave sur ce bois !
Victime dérisoire,
Toi seul es le Sauveur,
Toi seul le roi de gloire,
Au rang des malfaiteurs.
Prions ensemble le Seigneur
- Sur les personnes qui sont crucifiées à une
croix quotidienne : maladie chronique, perte de réputation, jugements
négatifs portés sur elles, Seigneur, jette un regard de
bonté.
Seigneur, jette un regard de bonté
- Sur les personnes oubliées, celles qui n’ont
jamais d’attention ou qui ne reçoivent jamais de reconnaissance
pour ce qu’elles font, Seigneur, jette un regard de bonté.
- Sur les personnes qui sont maltraitées par leurs
proches, qui sont blessées dans leur cŒur ou dans leur âme,
Seigneur, jette un regard de bonté.
- Sur les personnes qui crucifient les autres par leur
méchanceté ou par leur négligence à les aimer,
Seigneur, jette un regard de bonté.
Seigneur Jésus, il y a tant de manières de
crucifier les autres et tant de façons d’être
crucifié. Tu en sais quelque chose, toi qui as été
couché sur un madrier et qui as subi le supplice de la crucifixion. Nous
te prions pour toutes les personnes qui ont une croix qui leur colle aux os.
Nous te prions également pour les personnes qui, parfois même sans
le savoir, en crucifient d’autres. Que la méditation de ton propre
crucifiement aide les premières comme les secondes à se situer
face à toi et face à leur propre salut. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
10. Jésus et les deux larrons
Jean 19, 18
Ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de
chaque côté, et Jésus au milieu.
Jésus au milieu de deux larrons,
c’est-à-dire au milieu de deux criminels de droit commun !
Jésus, assimilé à un bandit ! Un peu comme quand un homme
de bonne réputation est emprisonné, cité à
procès, condamné et exécuté ! Jésus prend
sur lui nos fautes… Saint Paul ira jusqu’à dire qu’il
a été identifié à nos péchés sur la
croix (2 Co 5, 21).
Jésus vient pour détruire le
péché jusqu’à la mort. Mais il vient aussi pour
sauver les pécheurs… à commencer par les deux qui
l’accompagnent dans le dernier droit de son chemin de croix… et
ensuite, nous tous, qu’il accompagne jusque dans les moindres
détours de nos faiblesses.
Jésus nous aime tellement qu’il se tient au
milieu de nous en tout ce qui nous arrive ! (Silence)
Vous que la haine a déchirés,
Vous que les hommes ont crucifiés
Ne craignez pas pour votre corps,
Ne craignez pas devant la mort,
Levez les yeux vers le Seigneur,
Criez vers lui sans perdre cœur.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour les pécheurs qui auraient tellement besoin de
trouver quelqu’un qui se tienne au milieu d’eux pour les
accompagner sur le chemin de leur repentir, nous t’implorons, Seigneur.
Nous t’implorons, Seigneur
- Pour les pécheurs qui trouvent dans leur existence
tumultueuse une personne accueillante ou une communauté compatissante
pour les aider à grandir, nous t’implorons, Seigneur.
- Pour les personnes qui donnent du temps, de
l’énergie et de l’amour aux gens qui passent pour des
criminels ou des mécréants, nous t’implorons, Seigneur.
- Pour les personnes qui, en se dévouant pour les
prisonniers et les délinquants, diminuent dans l’estime de
certaines gens ou sèment des doutes dans leur esprit, nous
t’implorons, Seigneur.
Seigneur Jésus, en étant crucifié entre
deux criminels, tu as accepté d’être identifié
à eux, mais en même temps tu t’es offert le premier pour
leur salut. Aide-nous à te ressembler un peu. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
11. Jésus, Marie et Jean
Jean 19, 25-27
Or, près de la croix de Jésus se tenait sa
mère, avec la sœur de sa mère, Marie, femme de
Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près
d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
« Femme voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici
ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le
disciple la prit chez lui.
Après les deux larrons, voici Marie, la mère
de Jésus, et Jean, le disciple qu’il aimait. Malgré le
pathétique de la situation, c’est une scène pleine de
tendresse… et de sens aussi. Tendresse de Jésus envers sa
mère à qui il donne un nouveau fils. Tendresse de Jésus
envers Jean à qui il donne une nouvelle mère. Tendresse
également de Marie envers son fils qu’elle accompagne
jusqu’à la croix. Tendresse enfin de Jean envers Jésus
qu’il suit jusqu’à sa mort. De toutes ces tendresses, on ne
se sait laquelle est la plus grande, laquelle choisir. En fait, il n’y a
pas à choisir. Il n’y a qu’à contempler en
silence…
Scène pleine de sens aussi. En fait, Jésus
donne sa mère non seulement à Jean, mais par lui à toute
l’humanité… donc à nous également. Marie est
notre mère, de par la volonté de Jésus, ne
l’oublions pas et nous sommes ses enfants.
Je te prends chez moi, Marie, ma mère,
Car par la Passion de ton Fils,
Ton cœur par l’épée est
transpercé,
Coeur plein de grâces.
Marie, reine de l’univers,
Marie, mère du rédempteur.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour avoir pensé, même au cŒur de tes
souffrances, à nous donner ta mère pour mère, merci,
Seigneur, merci.
Merci, Seigneur, merci
- Pour avoir aimé non seulement Marie et Jean
jusqu’à la fin, mais aussi tous ceux et celles que ton Père
t’a donnés, merci, Seigneur, merci.
- Pour les personnes qui, au moment de mourir,
n’oublient pas leurs proches, leurs amis, leurs parents, merci, Seigneur,
merci.
- Pour les personnes. qui, comme Marie et Jean, sont
présentes aux derniers moments des personnes qu’elles aiment et
qui les aiment, merci, Seigneur, merci.
Seigneur Jésus, en donnant Marie à Jean et
jean à Marie, tu leur manifestes beaucoup d’affection, mais en
même temps tu en manifestes à toute l’humanité,
puisque désormais Marie est notre mère à nous aussi. En
retrouvant ta mère et ton disciple bien-aimé au pied de ta croix,
tu manifestes l’affection que tu aimes à recevoir également
d’eux mais aussi de nous. Aide-nous à être des humains
aimants et aimés. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
12. Jésus meurt sur la croix
Jean 19, 28-30
Après cela, sachant que désormais toutes
choses étaient accomplies, et pour que l’Écriture
s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai
soif. » Il y avait là un récipient plein d’une
boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand
il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. »
Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Il avait dit : Il n’y a pas de plus grande preuve
d’amour que de donner sa vie pour les personnes qu’on aime. (Jean
15, 13) Il l’avait dit. Aujourd’hui, il ne fait pas que le dire, il
l’accomplit. On dit que la mort est l’acte le plus important de la
vie. Mais, quand Jésus meurt, ce n’est pas simplement l’acte
le plus important de sa vie qui se réalise, c’est l’acte le
plus important de la vie du monde. Jésus ne meurt pas simplement pour
lui, il meurt pour nous tous. Toute sa vie a été une longue
préparation à la Croix qui sauve…
Mourir pour ceux qu’on aime et aussi par ceux
qu’on aime… Oui, vraiment, il n’y a pas de plus grande preuve
d’amour ! (Silence)
Nous chantons la Croix du Seigneur,
Qui se dresse sur l’univers,
Comme un signe éclatant,
de la gloire de notre Dieu.
Prions ensemble le Seigneur
Pour les personnes innocentes qui meurent sacrifiées
sur l’autel de l’égoïsme humain, du terrorisme, de la
guerre, nous te supplions, Seigneur.
Nous te supplions, Seigneur
- Pour les personnes qui donnent leur vie au jour le jour
pour les gens qu’elles aiment, nous te supplions, Seigneur.
- Pour les personnes qui meurent sur la croix de
l’oubli, du mépris, de la violence, de l’inconscience, de
l’incompétence ou de l’irresponsabilité, nous te
supplions, Seigneur.
- Pour les personnes qui, directement ou indirectement,
causent la mort de quelqu’un, nous te supplions, Seigneur.
Seigneur Jésus, en mourant sur la croix, tu as vaincu
la mort, la tienne et la nôtre. Et tu as donné un sens à
tous nos chemins de mort. Donne-nous aujourd’hui la capacité
d’accepter notre mort quand elle viendra et surtout de croire fermement
qu’avec elle rien n’est fini, mais qu’au contraire tout
commence. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
13. Jésus a le flanc percé
par un soldat
Jean 19, 33-37
Quand les soldats arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui
brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui
perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et
de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez
vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait
qu’il dit vrai.) Tout cela est arrivé afin que cette parole de
l’Écriture s’accomplisse : Aucun de ses os ne sera
brisé. Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux
vers celui qu’ils ont transpercé.
Quand un crucifié n’était pas encore
mort, la coutume voulait qu’on lui brise les jambes. Son poids lui
coupait alors le souffle e il expirait rapidement. Mais Jésus
était déjà mort. Pourquoi donc lui percer le
côté ? Pour que s’accomplisse l’Écriture, comme
le rappelle l’évangéliste. Oui, bien sûr. Mais aussi
pour signifier par là une double preuve d’amour de Dieu pour nous.
Dans la tradition chrétienne, en effet, l’eau signifie la
naissance à une vie nouvelle et l’action vivifiante et purifiante
de l’Esprit dans le monde ; et le sang est déjà le sang de
la Nouvelle Alliance qui est répandu pour nous, et que nous
célébrons et consommons à chaque Eucharistie.
Jésus se donne à nous notamment par
l’Esprit et l’Eucharistie. Rendons-lui grâce. (Silence)
Nous te rendons grâce pour tant de tendresse
Tu donnes l’eau vive, par ton cœur
transpercé,
Nous te bénissons pour tant de merveilles,
Tu donnes la vie, tu donnes l’Esprit.
Prions ensemble le Seigneur
- Pour l’Esprit que tu nous as donné à
notre Baptême et à notre Confirmation, et que tu ne cesses de
répandre sur l’Église et le monde, nous te disons merci,
Seigneur.
Nous te disons merci, Seigneur
- Pour la lumière et la force que nous demandons
à ton Esprit et qu’il nous donne au cŒur des diverses
situations de nos vies, nous te disons merci, Seigneur.
- Pour ta Parole, pour le pain et le sang de ton corps, que
tu nous donnes à chaque Eucharistie, nous te disons merci, Seigneur.
- Pour la foi qui nous réunit ici en ce jour et pour
la confiance qui nous anime, nous te disons merci, Seigneur.
Seigneur Jésus, même mort sur la croix, tu as
voulu donner au monde de nouvelles preuves de ton amour. Que ton Esprit soit
toujours avec nous et que l’Eucharistie rassemble constamment notre
communauté. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de
transition.)
14. Jésus est mis au tombeau
Jean 19, 40-42
Joseph d’Arimathie et Nicodème prirent le corps
de Jésus, et ils l’enveloppèrent d’un linceul, en
employant les aromates selon la manière juive d’ensevelir les
morts. Près du lieu où Jésus avait été
crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans
lequel on n’avait encore mis personne. Comme le sabbat des Juifs allait
commencer, et que ce tombeau était proche, c’est là
qu’ils déposèrent Jésus.
Devant le récit sobre de la mise au tombeau de
Jésus, trois attitudes retiennent l’attention : l’amour, le
respect et le silence de Joseph d’Arimathie et de Nicodème.
C’est avec infiniment d’amour et beaucoup de respect qu’ils
ont descendu le corps de Jésus de la croix, l’ont enveloppé
d’un linceul, et l’ont déposé dans un tombeau tout
neuf. En silence. On ne pose pas ces gestes dans le tapage, sans respect et
sans amour.
À certains moments dans la vie, les mêmes
sentiments nous habitent. Certaines actions ne pourraient exister s’il
n’y avait pas l’amour et le respect des personnes en leur beau milieu.
Certains gestes perdent tout leur sens si on les accomplit dans le bruit et le
fracas. (Silence)
Grain de blé qui tombe en terre,
si tu ne meurs pas,
Tu resteras solitaire,
Ne germera pas.
Qui à Jésus s’abandonne, trouvera la
vie,
Heureux l’homme qui se donne,
Il sera béni.
Prions ensemble le Seigneur
- Sur ces personnes dont le corps défunt a
été violenté ou profané, à la suite de
guerres ou de massacres, pose une main de tendresse, Seigneur.
Pose une main de tendresse, Seigneur
- Sur ces personnes qui n’auront jamais de
sépulture ou de tombeau et encore moins quelqu’un pour
s’occuper d’elles après leur mort, pose une main de
tendresse, Seigneur.
- Sur ces personnes qui travaillent à la
sépulture des défunts, pose une main de tendresse, Seigneur.
- Sur ces personnes qui prennent soin de leurs
défunts dans l’affection, le respect, et souvent dans le silence,
pose une main de tendresse, Seigneur.
Seigneur Jésus, ta propre sépulture nous
enseigne le respect affectueux que les morts sont en droit d’attendre de
nous. Tu nous enseignes aussi que ce corps, qui fut le temple de l’Esprit
Saint, est promis à la gloire de la résurrection. Que notre foi
soit égale à notre amour. Amen.
(On allume un lampion rouge et on chante un chant de transition.)
15. Jésus ressuscite
Jean 20, 6-9
Simon-Pierre entre dans le tombeau, et il regarde le linceul
resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas
posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était
arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. Jusque-là, en
effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après
l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre
les morts.
Il avait dit : Le troisième jour, je ressusciterai.
(Mt 27, 63) Tout pourtant semblait bien terminé. Son corps reposait au
tombeau, enveloppé dans un linceul. Mais voilà qu’au matin
de Pâques les femmes et les disciples vinrent pour lui offrir leur
affection et pour raviver leur souvenir. Mais ils ne le trouvèrent pas.
Il n’était plus là. C’est alors que leurs yeux
s’ouvrirent et qu’ils comprirent que tout n’était pas
fini, que tout au contraire commençait. Jésus était
ressuscité, comme il l’avait dit. Le grand saint Paul
n’hésitera pas à dire : si le Christ n’est pas
ressuscité, notre foi est vaine. (1 Co 15, 17) Nous ne croyons pas en
vain, nous n’espérons pas pour rien, nous n’aimons pas
inutilement. Car Christ est vivant, il ne meurt plus. Désormais la mort
n’a plus sur lui aucun pouvoir. Et, s’il est vivant, c’est
pour nous accompagner sur tous nos chemins ici-bas et jusqu’en
éternité. (Silence)
Il est vraiment ressuscité,
Pourquoi chercher parmi les morts ?
Il est vivant comme il l’a promis,
Alleluia !
Prions ensemble le Seigneur
- Pour les personnes qui ont du mal à vivre, pour qui
la vie est un fardeau, que ta résurrection leur apporte un regain de
vie, Seigneur, nous t’en prions.
Seigneur, nous t’en prions
- Pour les personnes qui travaillent à
améliorer la qualité de vie des autres et de la
société en général, que ta résurrection les
soutienne et les encourage, Seigneur, nous t’en prions.
- Pour les personnes qui voient leur vie
s’éteindre peu à peu comme la chandelle qui fume, que ta
résurrection leur donne lumière et espoir, Seigneur, nous
t’en prions.
- Pour les parents, les éducateurs, les pasteurs,
toutes ces personnes qui, d’une manière ou d’une autre,
donnent la vie, que ta résurrection les motive et les fortifie,
Seigneur, nous t’en prions.
Seigneur Jésus, toi qui es la Vie en personne et qui
es venu nous donner la vie en plénitude, que la puissance de ta
résurrection bienheureuse soit avec nous tous les jours dans les combats
que nous menons pour que notre vie soit toujours meilleure. Amen.
(On allume un lampion blanc et on chante un chant de
transition.)
Chemin de croix,
chemin de vie et d’amour
1 Jean 4,7-10
Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres,
puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu
et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu,
car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous
: Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par
lui. Voici à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas
nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et il
a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos
péchés.
Le chemin de croix que nous venons de vivre ensemble est
véritablement le chemin de l’amour. On ne saurait mieux dire.
Amour de Dieu pour nous tous manifesté par la venue de son Fils parmi
nous. Ce Fils nous aime au point de nous annoncer la Bonne Nouvelle du
Père, de souffrir sa passion, de mourir et de ressusciter pour nous : Ce
n’est pas nous qui avons aimé Dieu d’abord, c’est lui
qui nous a aimés et qui nous a envoyé son Fils, nous dit saint
Jean. Amour de nous tous aussi pour Dieu, manifesté par notre foi et
notre espérance en lui, mais également par l’amour que nous
nous donnons entre nous : Aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour
vient de Dieu, nous dit encore saint Jean.
Que ce chemin de croix soit pour nous chemin de vie et
chemin d’amour. Qu’en lui nous mettions nos joies et nos peines,
nos bonheurs et nos malheurs. Dieu nous aime assez, et est assez puissant, pour
transfigurer toute notre vie en résurrection éternelle.
Disons ensemble la prière que Jésus
lui-même nous a enseignée :
Notre Père…
Et, avant de nous quitter, chantons l’hymne à
l’amour que saint Paul nous a laissé comme programme de vie :
Quand je parlerais en langues,
celles des hommes et celles des anges,
s'il me manque l'Amour,
je suis un métal qui résonne,
une cymbale retentissante.
R/ Sans
l'Amour, tu n'es rien,
recherche l'Amour, il demeure à jamais.
Quand j'aurais le don de prophétie,
la connaissance de tous les mystères
et de toute la science,
quand j'aurais la foi la plus totale,
celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque l'Amour, je ne suis rien. R/
Quand je distribuerais mes biens aux affamés,
quand je livrerais mon corps aux flammes,
s'il me manque l'Amour,
je n'y gagne rien. R/
L'Amour est patient, l'Amour rend service,
il ne jalouse pas, ne fanfaronne pas,
ne s'enfle pas d'orgueil,
il ne fait rien d'inconvenant,
il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'irrite pas,
ne tient pas compte du mal,
il ne se réjouit pas de l'injustice,
mais il trouve sa joie dans la vérité,
il excuse tout, il croit tout,
il espère tout, il endure tout. R/
L'Amour ne disparaît jamais.
Maintenant donc, ces trois-là demeurent,
la Foi, l'Espérance et l'Amour,
mais l'Amour est le plus grand. R/